Leïla Olivesi Nonet

Suite Andamane

Personnel détaillé plus bas

Distribution / Label : Acel

La pianiste Leïla Olivesi fait partie depuis longtemps du paysage du jazz hexagonal. Mais à tout juste quarante ans et après quatre albums en leader (son premier, Frida, date de 2004), elle s’impose avec cette Suite Andamane, comme une compositrice de premier plan confirmant tout le bien que l’on pensait d’elle. Elle y continue ses recherches autour de la mise en musique de textes poétiques (après Jeanne Added et Elisabeth Kontomanou, c’est au tour de Chloé Cailleton, remarquable de bout en bout, de donner de la voix) tout en s’aventurant dans une écriture encore plus audacieuse.

Car au-delà de l’interprétation et de la qualité des musiciens (on retrouve notamment le toujours épatant Manu Codjia, le brillant Adrien Sanchez au saxophone ténor ou l’impeccable rythmique Yoni Zelnik/Donald Kontomanou), ce qui frappe à l’écoute de cet album, c’est bien l’originalité et l’ambition des compositions d’Olivesi : du troublant « Black Widow » traversé par la guitare abrasive de Codjia au délicieux « Skype Tear » où la complicité Cailleton/Sanchez fonctionne à plein, en passant par « Geri’s House » ou « Acacia Tree » ; sans oublier les quatre mouvements du morceau-titre « Suite Andamane », déambulation aquatique teintée de mystère, inspirée d’un voyage aux confins de l’Inde et de la Thaïlande qui marqua durablement Leïla Olivesi. Comme nous a marqué ce beau disque, à écouter sans modération.

P.-S. :

Personnel : Leïla Olivesi (p, comp), Quentin Ghomari (tp), Baptiste Herbin (as, fl), Adrien Sanchez (ts), Jean-Charles Richard (bs), Glenn Ferris (tb), Manu Codjia (g), Yoni Zelnik (b), Donald Kontomanou (dm), Chloé Cailleton (voc).

par Julien Aunos // Publié le 10 novembre 2019