Simon Spiess Quiet Tree
Euphorbia
Simon Spiess (ts) ; Marc Méan (p) ; Jonas Ruther (d)
Label / Distribution : Intakt Records
Saxophone, claviers, batterie – et rien d’autre.
Voilà une formule qui n’est pas si fréquente.
Commençons par une rapide présentation du trio suisse Quiet Tree avec Simon Spiess (celui qui s’occupe du saxophone ténor), Marc Méan (qui pose ses doigts sur piano à queue et synthétiseurs) et Jonas Ruther (frappeur de batterie et de cordes de piano à l’occasion).
Derrière la mise en avant du nom du saxophoniste, l’écoute d’Euphorbia montre surtout un travail d’arrangements et de placement très bien réparti. Personne n’est mis en vedette, chacun apportant sa ou ses touches à la construction des morceaux.
De cette élaboration collective découle une claire sobriété sonore jouant sur l’efficacité des répétitions, des gimmicks. Le saxophone au velouté quasi garbarekien se faufile, se fond au milieu de boucles inspirées par la musique électronique.
Toutes qualités plutôt portées vers l’atmosphérique (à basses températures) qui s’emballent parfois dans des poussées de fièvre énergétique où s’entendent d’autres inspirations. En plus de l’électronique (savante plus que dansante), un peu de jazz rock (l’influence Garbarek, encore) – nous disent les notes de l’album. Du psychédélisme aussi (la pochette aux effets solarisés aurait sa place sur le t-shirt d’un surfeur ou d’un hippie de 1973) s’entend par exemple dans les thèmes enchâssés et les rythmes bancals voire ivres de « Light Light Light », ou dans la marche à l’envers de « Bleu foncé ».

