C’est une évidence : si vous avez fait entendre vos saxophones et flûtes dans des formations animées par Maria Schneider, Mathias Rüegg, Keith Tippett et George Gruntz, ça ne peut que vous inciter à monter votre propre orchestre. Avec beaucoup de détermination, Carlo Cattano s’est donc attelé à la création de son propre big band de jazz, entouré d’instrumentistes entièrement dédiés à sa cause.
Hétérogènes, les neuf compositions sont toutes écrites et arrangées par le saxophoniste, originaire de la province de Syracuse, en Sicile. Son langage orchestral se construit impassiblement et baigne dans une ambiance latine. Tout en souplesse, la section rythmique composée du contrebassiste Stefano Cardillo et du batteur Alessandro Borgia se confronte aux accords appuyés du pianiste Francesco Miniaci, déterminant dans « Base ». « Trasparencies » illustre bien l’écriture typique voulue par le leader qui fait la part belle aux unissons des trois trompettistes. Avec son architecture harmonique raffinée, « Movements » est impulsé par le guitariste Salvatore Amore qui fait parler la poudre. Cette parfaite unité d’ensemble procure un sentiment d’équilibre cher à Carlo Cattano, reconnu en Italie comme un pédagogue de premier plan. La douceur n’est pas pour autant délaissée, bercée par la flûte alto et les jouets enfantins : la ballade « Line 6 ( Prayer for Children ) » clôt impérialement l’album.
Habité par des langages musicaux transversaux, Overlaps se veut synonyme de liberté. Depuis des décennies Carlo Cattano ne cesse d’explorer de nouvelles pistes, son appétit musical le conduit ici à modeler des sonorités destinées à l’épanouissement de son grand orchestre.

