Avec Capharnaüm, Elise Vassallucci perpétue la tradition de la chanson française jazzifiée qu’ont illustré Boris Vian, Christiane Legrand, Mimi Perrin ou Marion Rampal. Les souvenirs liés à l’enfance constituent le fil conducteur de cet album. Les rythmes chaleureux du final de « Marseille » lui impriment une atmosphère méditerranéenne.
Le monde onirique d’Elise Vassallucci atteste d’un travail abouti. Capharnaüm évoque la chambre proche du grenier dans laquelle cette chanteuse et violoniste a grandi et où ses premières inspirations musicales se sont affirmées. « 5:43 AM », introduit par la contrebasse de Nghia Duong, se pare de vocalises puissantes et agiles. Le piano cristallin de Pierre Midkjian accompagne le chant langoureux. Tout aussi à l’aise dans les ballades que dans les chansons rythmées, Elise Vassallucci fait rayonner l’air charmeur de « The Peacocks » ainsi que « Charlotte » où le Kinship Orchestra déploie sa masse orchestrale. La langue anglaise s’immisce dans « My Quiet Place », bercé par des chœurs féminins, où la chanteuse signe une intervention audacieuse au violon.
Elise Vassallucci explore plusieurs registres vocaux qui vont du médium à l’aigu sans pour autant se laisser aller à des prises de risque hasardeuses. La composition « Allers-retours » révèle néanmoins une envolée vocale improvisée qui laisse augurer de nouvelles aventures.

