Jacques Schwarz-Bart
Resistance
Jacques Schwarz-Bart (ts, comp), Reggie Washington (b), Arnaud Dolmen (d, voc)
Label / Distribution : Quai Son Records
Ce disque s’inscrit dans une lignée familiale qui force le respect. Plus jeune résistant en France, André Schwarz-Bart s’est surtout fait connaitre en publiant Le Dernier des Justes qui reçut le Prix Goncourt en 1959 puis, en compagnie de son épouse Simone, Un plat de porc aux bananes vertes. S’il s’est consacré au jazz, son fils Jacques Schwarz-Bart perpétue brillamment cet héritage avec ce nouvel acte musical au titre explicite :Resistance.
Une révolte sourde traverse cet album qui ne s’embarrasse pas d’une profusion de notes oppressantes. Le chant souverain du saxophone se fond dans la section rythmique composée de Reggie Washington et d’Arnaud Dolmen. Après un passage à New-York qui avait donné naissance à Harlem Suite, c’est dans sa Guadeloupe natale que Jacques Schwarz-Bart nous entraîne avec des réminiscences de biguine ou de gwoka qui épousent les métriques modernes. Ces couleurs chaudes transmettent une énergie communicative portée par des arrangements contemporains précis et inventifs. Sur le morceau-titre, le saxophoniste tournoie tel un aigle autour de ses partenaires qui ancrent le morceau au sol dans un cadencement dansant. Entrecoupé de cassures rythmiques « Violetta » virevolte avec ses mesures impaires qui incitent à la danse alors que la finesse des cymbales réhausse la superbe improvisation du saxophoniste sur « Ezra », dédié à son fils.
Jacques Schwarz-Bart lutte contre la résurgence du fascisme qui gangrène les démocraties modernes avec ses dix compositions qui célèbrent la liberté. Il n’en oublie pas pour autant l’histoire ancestrale avec le signal de communication et de résistance incarné par « Konk a Lambi », illuminé par un échange passionnant entre la basse et la batterie.
