Erdenbaatar & Kugelmann
Under The Same Stars
Shuteen Erdenbaatar (p), Nils Kugelmann (cacl, b)
Label / Distribution : Auto Productions
Pianiste classique reconnue, la Mongole Shuteen Erdenbaatar, installée en Allemagne, a depuis des années investi le champ d’un jazz très harmonique et sans réelle prise de risque. Après un premier album sorti chez Act, très formel, on la retrouve ici avec le contrebassiste allemand Nils Kugelmann, lui aussi artiste débutant chez Act. Ici, Kugelmann montre un nouveau talent en doublant sa contrebasse d’une clarinette contre-alto magnifique, tout en douceur et proche du souffle, qui transforme profondément la direction d’un album qui regarde du côté du rêve et du crépuscule (« Train to The Past »). Si Erdenbaatar conserve cette façon virtuose et très concertante d’envisager son piano, la clarinette l’emmène sur des itinéraires bis qui révèlent une grande intimité. Un fluide généreux qui traverse une musique jolie, mais sans excès.
On pense, dès les premiers instants, à la musique de Yann Tiersen. Quelque chose d’assez cinématpgraphique et universel que le duo va s’amuser à polir à sa façon en gardant l’évanescent. « Tiny Wonder » est l’occasion d’entendre Kugelmann à la contrebasse, dans une position là aussi très en retrait par rapport à un piano très disert, à la main droite rapide et sûre, qui sait introduire quelques bifurcations mutines. Les morceaux sont courts, assez directs : ce sont des impressions et des climats qui laissent beaucoup de place à l’imagination, à défaut d’improvisation. Mais le résultat est efficace et très doux. Sans jouer sur un orientalisme malvenu, « Desert Dream » évoque le désert de Gobi mongol du père d’Erdenbaatar tout en suggestion et subtilité.
Une complicité évidente se joue dans ce duo que l’on sent galvanisé par une admiration mutuelle. Il en découle une musique très contemplative, agréable à l’oreille et à l’imagination sans sombrer dans la recette toute faite. On restera positivement charmé par le talent simple et sans esbroufe de la pianiste qui joue avec beaucoup de sensibilité et rehausse les tendresses de Kugelmann, qu’elles soient soufflées de sa clarinette où jouées à l’archet avec le naturel d’une geste amoureuse.

