Scènes

Hilde Vanhove/Quantize

Compte-rendu d’un double concert


Compte-rendu d’un double concert mettant en avant deux chanteuses très différentes.

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© Jos L. Knaepen

La chanteuse Hilde Vanhove a récemment sorti un Insense qui avait laissé une impression mitigée. Après une première tournée avec la formation de l’album, elle s’engage dans une autre tournée, accompagnée cette fois-ci des valeurs sûres que sont Jef Neve au piano, Piet Verbist à la basse et Lieven Venken à la batterie. La deuxième partie du concert est assurée par Quantize, jeune formation qui regroupe la chanteuse Chantal Willy, Peer Baierlein à la trompette, Ewout Pierreux au piano, Leen Van Reyn à la basse et Yves Peeters à la batterie.

Vanhove reprend en grande partie le répertoire d’Insense. En direct, on sent un peu plus de chaleur et de naturel dans sa voix : les angles les plus incongrus de son phrasé ont été limés. Les morceaux qui ne viennent pas de l’album tirent vers d’autres atmosphères. Throw it away d’Abbey Lincoln est une ballade binaire, une ode à la persévérance. Le concert se termine avec le blues détendu de Centerpiece ; Neve en profite pour sauter subitement d’un martèlement insistant à des pianissimos épurés, et Venken pour s’amuser à faire claquer ses baguettes et les rebords de ses tambours. Le plus inattendu est le court Tender As A Rose, interprété en solo par Vanhove.


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© Jos L. Knaepen

Chantal Willy, d’origine sud-africaine, est une soprano qui tient autant du jazz que de la soul, avec quelques montées dans les aigus à la Mariah Carey (pas aussi haut et pas de manière aussi énervante, heureusement) et des inflexions rappelant Jill Scott. Avant le concert, on peut l’entendre s’échauffer la voix avec des envolées opératiques. Lors d’un thème rapide chanté à l’unisson avec la trompette bouchée de Baierlein, Willy montre qu’elle maîtrise tout autant le langage bop. En véritable « entertainer », la jeune chanteuse montre une large tessiture, une voix sûre et une belle présence scénique. Une chanteuse à surveiller de très près. Le répertoire est fait de compositions originales, dont un Beautiful Love qui commence avec du « spoken word » et un Prayer for Africa aux accents de gospel sud-africain.

Parmis les instrumentistes de Quantize, deux découvertes. Peer Baierlein est proche de Bert Joris, surtout au bugle, et du Miles Davis des albums Prestige. La configuration de la salle du Théâtre Marni lui permet de prendre ses solos loin du micro, nous faisant ainsi pleinement profiter de son lyrisme et son timbre chaud. Ewout Pierreux développe une sonorité plus charnue que celle, étincelante, de Neve, et offre un jeu hard bop solide.