Lorsque l’on aime la musique et le chant, il y a une langue à laquelle on ne peut rester insensible : le créole, qui est né aussi bien dans les Antilles françaises qu’à quelques 10 ou 15 000 km de là, dans l’Océan Indien, à La Réunion ou sur l’île Maurice. Le créole invite à une sorte de swing, aux errances rythmiques et mélodiques, aux vagabondages de la syntaxe — celle des mots, celle des notes — d’une façon analogue à ce que le jazz fait lui-même avec les grammaires habituelles.
La Guadeloupéenne Véronique Herman Sambin a une voix séduisante, même si elle n’est pas vraiment celle d’une « chanteuse de jazz ». Sur le titre éponyme de l’album, Roz Jériko, elle invite Alain Jean-Marie, un musicien reconnu et chevronné. Le charme de son chant, les variations chaleureuses et souvent émouvantes de ses modulations, comptent parmi les mille raisons de l’écouter.

