Tribune

Jean Cabut, dit Cabu (1938-2015)

Le dessinateur Cabu vient d’être assassiné à Paris. Cabu aimait le jazz, passionnément.


Le dessinateur Cabu vient d’être assassiné à Paris. Il fait partie des douze victimes de l’attentat du 7 janvier contre la rédaction du magazine Charlie Hebdo, dont il était un des fondateurs, et un des piliers depuis des décennies. Cabu était caricaturiste, dessinateur ; il était connu et apprécié dans le monde du jazz.

It don’t mean a thing, if it ain’t got that swing.

Cabu aimait le jazz, passionnément. Il a dessiné des centaines de musiciens sur scène, dans les clubs, dans les festivals, dont il rapportait des reportages dessinés pour Hara-Kiri ou Charlie Hebdo. Il a également réalisé des pochettes de rééditions. Auteur de plusieurs livres sur sa vie et le jazz, il laisse un héritage et un souvenir précieux.

Toutes les chroniques des livres et disques de Cabu sont sur sa page d’auteur.

Citizen Jazz lui rend hommage pour ce travail de passionné et de reporter du jazz. Mais on retrouve dans ces dessins-là, ces textes-là, l’impertinence et l’humour avec lesquels il regardait le monde.


Notre collaborateur Yann Bagot, auteur de reportages dessinés, a « imaginé Cabu en train de s’amuser au ciel avec tous les diables de musiciens merveilleux qui doivent déjà y être ».

Hommage à Cabu par Yann Bagot


Notre collaborateur Michel Laborde signe et commente ses deux photos :

"J’étais le 2 août 2014 à la séance de dédicace de son livre, Cabu Swing, organisée par la librairie Les Petits Papiers à Auch (je suis fan depuis « Le grand Duduche », publié dans le magazine Pilote ; à l’époque je penchais moi aussi vers la fille du proviseur ou d’un hiérarque de l’éducation nationale).

Véronique, son épouse, m’a permis d’organiser quelques minutes de prises de vues à la fin de la séance de dédicace ; heureusement celle-ci a été longue, ce qui m’a permis d’assister aux échanges avec les lecteurs, et de le voir improviser des dessins sur les livres dédicacés : un bonheur, comme une balance de concert…

Pour les portraits, j’ai l’habitude de photographier très vite. Cabu en a été surpris, moi ravi ; cela nous a permis de parler du journal Pilote, et aussi de jazz." - M.L.

Cabu © Michel Laborde

Cabu © Michel Laborde


Cab Calloway, par Cabu

Les citations de Cabu et les dessins reproduits ici sont extraits de son ouvrage récent Cabu Swing, aux Editions Charlie Hebdo / Les échappés.

Hitler aimait Wagner. Al Capone aimait Fats Waller.
Du coup, j’ai choisi facilement !

Le jazz, ça me rend dingue.
J’esquisse quelques pas de swing et je danse dans ma tête.

Si Miles Davis revenait à St Germain-des-Prés, où jouerait-il ?…
Chez Léon de Bruxelles, Doner Kebab ou chez Pizza Pino ?

C’est Cab Calloway qui a ouvert ma vie au jazz et c’est lui qui la referme.



Et il n’aimait pas cette escalade commerciale dans la vulgarité…



La Maison du Duke, qui perpétue l’héritage de Duke Ellington, avait invité Cabu à l’une de ses conférences. Christian Bonnet, son ami, lui demande d’illustrer l’orchestre de Duke Ellington.