Chronique

Nes

Ahlam

Nesrine Belmokh (voc, cello), David Gadea (perc), Matthieu Saglio (cello)

Label / Distribution : ACT

Nes est un trio porté par Nesrine Belmokh, chanteuse violoncelliste qui n’en est pas à son coup d’essai. Il s’agit cependant d’un tournant inédit dans la carrière de la musicienne, plus habituée à l’univers de la musique classique. C’est à Valence, en Espagne, où elle a notamment officié au sein de l’orchestre de l’Opéra sous la direction de Lorin Maazel, qu’elle fait la rencontre du percussionniste valencien David Gadea, orfèvre du flamenco, et du violoncelliste français Matthieu Saglio, dont le projet en solo Le Violoncelle aux mille accents a visité une trentaine de pays. Trois univers qui convergent sur un projet intime, le plus personnel de Nesrine Belmokh.

C’est une invitation à la poésie des voyages que nous propose ce premier album. À la croisée d’univers musicaux distincts, Nes nous transporte sur une route parsemée de jazz, de musique arabo-andalouse, de pop ou de soul. Les textes sont saisissants ; ils évoquent des douleurs et invoquent de la douceur. Tous les titres en français et en anglais sont signés par la chanteuse, seuls les deux titres en arabe sont écrits par sa mère, avec laquelle elle déclare être liée en permanence : « Une connexion intergénérationnelle comme celle-ci a besoin d’être nourrie et arrosée constamment ». [1]

Élégant, profond, touchant, sensible, les adjectifs défilent à l’écoute de ce premier album impressionnant de maturité. Une beauté pure et franche irrigue tout le disque. On y retrouve des sensations devenues rares, comme celles que pouvait faire naître une chanson de Lhasa de Sela. Ahlam, qui veut dire « rêve » en arabe, est un rêve de paix, « C’est une prière à tous vos dieux. Sans finalité, sans destinée, juste pour cette idée de perdurer ». [2]

par Raphaël Benoit // Publié le 3 février 2019
P.-S. :

[1Propos de la chanteuse, repris des liner notes du disque.

[2Paroles du titre « Prières », qui clôt l’album.