
Ravage
Ravage
Anthony Laguerre (d), Bastien Pelenc (vln), Mathieu Werchowski (vln)
Label / Distribution : Mr Morezon
Ravage - le titre est très évocateur - navigue dans un univers mâtiné de post-rock, de punk, de noise, de psychédélisme, de musique répétitive également. Et ce, dès les premières mesures de « Demon Lovers » qui ouvre l’album. L’incipit est en effet fracassant et tandis que la batterie d’Anthony Laguerre martèle, les deux violons de Bastien Pelenc et Mathieu Werchowski se tendent dans des phrases autant répétitives qu’elles sont tranchantes. On s’envole alors dans ce rock qui flirte tout le temps avec la dissonance. C’est extrêmement énergique et expiatoire.
Tout n’est pas complètement de cet acabit puisque « Hieronymus Dream », tout en contrepoints, nous amène du côté d’une revisite de Bach, ou genre. Mais sans jamais se départir d’une géniale touche punk. On va et et vient au gré de ces walking-violins et quand Anthony Laguerre entre dans la danse, le morceau file dans une furieuse échappée pleine de baston avant de revenir sur les cheminements aux violons qui se lovent. Tout est fait de ces cycles d’intensité qui vous laissent complètement éberlué.
On clôt l’écoute de cet album avec « Nex », une longue épopée psychédélique de plus de 25 minutes qui nous met carrément en orbite. Reste plus qu’à descendre ensuite, ce qui n’est pas de tout repos. Ces trois-là se sont effectivement entendus pour nous emmener très haut.

