Chronique

Schnellertollermeier

Zorn Einen Ehmer Üttert Stem !!

Andi Schnellmann (b), Manuel Troller (g), David Meier (dms)

Label / Distribution : Veto Records

A force de voir fleurir sur la scène parisienne une multitude de power trios virulents, on était tenté de penser qu’il s’agissait d’une spécificité hexagonale. La découverte du jeune trio suisse alémanique Schnellertollermeier pointe une réalité tout autre : la musique improvisée européenne à tendance à rendre visite au rock pour exprimer une rage qui peut se loger dans l’abstraction la plus minimaliste. Porté par le jeu du guitariste Manuel Troller qui donne la direction à cette formation très égalitaire, la musique de Zorn Einen Ehmer Üttert Stem !! peut évoluer d’un instant à l’autre entre divers univers contrastés, le tout dans une tension palpable. Ainsi, la basse rageuse d’Andi Schnellmann peut soudain briser le jeu laconique et parcimonieux de ses deux comparses (« Topic of Tropic, « Kein Hupen Aus Dem Tal »).

Le climat volontairement très sombre rappelle certains albums du label Rude Awakening, notamment sur « Zorn Einen Ehmer Üttert Stem !! », morceau extrêmement concis qui ouvre l’album sur le jeu très métallique de David Meier à la batterie. C’est cependant avec le morceau pivot, « Spaltjahr... » que le trio développe concrètement son propos : cette longue suite visite toutes sortes de chimères métalliques et bruitistes qui peuvent aller jusqu’au silence à peine ponctué d’un larsen ou d’un discret roulement de batterie.

Beaucoup d’idées affleurent dans ce premier album, dont on retiendra l’atmosphère ténébreuse très maîtrisée. Il manque cependant de la cohérence dans cette volonté de partir dans toutes les directions.