Scènes

Sons of Kemet à Souillac

Nouvelle scène anglaise au festival Souillac en Jazz


Cette formation explosive a fait l’ouverture du 41e festival « Souillac en Jazz », le plus ancien festival de jazz en Midi Pyrénées.

Issu de cette nouvelle scène anglaise qui n’en finit pas de nous envoyer des pépites (dernièrement les épatants World Service Project et autres Troyka), Sons of Kemet est une mini fanfare de quatre musiciens dans la tradition des formations de rue accompagnant les défilés de Carnaval dans les Caraïbes (Shabaka Hutchings le leader du groupe, est né à Londres mais a passé une partie de son enfance à la Barbade). C’est cette formation explosive qui a fait cette année l’ouverture du 41e festival « Souillac en Jazz », qui reste, qu’on le veuille ou non, le plus ancien festival de jazz en Midi Pyrénées.


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Sons of Kemet © Jean-Philippe Birac

Sons of Kemet. Deux cuivres pour deux batteurs, du souffle et du rythme, des influences tissant des liens entre les musiques des îles caribéennes, de la Nouvelle Orléans et les étranges harmonies éthiopiennes (Hutchings a un temps accompagné Mulatu Astatke, la légende de l’éthio-jazz). Une musique percussive, enlevée, proche de la transe. Une frénésie rythmique portée par le jeu des deux batteurs qui, sans jamais jouer la même chose et guidés par une écoute attentive l’un de l’autre, construisent des cadences infernales sur lesquelles Shabaka Hutchings développe au saxophone ténor des tourbillons mélodiques faits d’une répétition de phrases courtes qui se décalent au fur et à mesure de l’avancée du morceau, entrecoupés de zébrures sonores, sortes de cris jubilatoires et sauvages. À ses côtés Theon Cross, le tubiste de la formation, rajoute son grain de sel et marque lui aussi la mesure pour mieux se lancer dans des chevauchées échevelées, renforçant ainsi la puissance de cette musique. Une musique qui emporte, transporte, fait s’agiter du bas du dos les spectateurs debout sur les côtés de la place Pierre Betz (à Souillac le public est assis et les concerts sont en plein air quand le temps le permet) et qui avance inexorablement, comme une machine infernale.

par Jean-Philippe Birac // Publié le 11 septembre 2016
P.-S. :

Les Toulousains pourront découvrir fin septembre The Comet Is Coming, deuxième formation de Shabaka Hutchings, l’étoile montante de la scène londonienne, mélange de funk, d’électro et de jazz, dans le cadre du Match & Fuse Festival (Jeudi 29 septembre au Taquin - ex Mandala)