StraSax
XXV
Christophe Fourmaux (as, ts, bs), Michael Alizon (ts), Franck Wolf (ss, bs), Laurent Wolf (ss, as, ts, fl), Francesco Rees (d).
Label / Distribution : Label Oh !
25 ans et toutes ses anches ! Le quintet StraSax est en forme et pour fêter son jubilé d’argent, les cinq Strasbourgeois qui en sont les maîtres d’œuvre ont composé un nouveau répertoire, offrant ainsi un quatrième rendez-vous discographique, après Frag’s en 2002, Volume 2 en 2004 et StraSax Live en 2012. Une bonne douzaine d’années séparent comme on le constate ce dernier de XXV, ce qui ne signifie pas pour autant inactivité, loin de là, car les musiciens – qui sont aussi tous des enseignants – ont entamé entre-temps diverses collaborations, avec l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg par exemple ou bien encore l’Orchestre du CRR et du Pôle Supérieur, à Strasbourg toujours.
StraSax est un mot-valise, nul besoin d’en expliquer la construction. L’architecture de l’orchestre est celle d’une fanfare haut de gamme qui voit quatre saxophones ferrailler avec un batteur – ici Francesco Rees – qui jamais ne semble intimidé par l’addition de souffles à laquelle il doit donner la réplique. Il faut dire aussi que Christophe Fourmaux, Michael Alizon, Franck et Laurent Wolf ont entre les mains bien des atouts pour multiplier en toute jubilation couleurs et climats (leurs cartes de visite nous dispensent de faire état de leur virtuosité). Leur musique ciselée tient en haleine, chaque composition écrivant une histoire dont les rebondissements sont multiples. De fait, XXV est le prétexte à une belle et longue plongée dans un jazz certes savant par l’exigence de son écriture et la précision de ses arrangements, mais qui reste traversé par une forte vibration et beaucoup d’imagination ; un langage jamais désincarné du fait de l’énergie collective que les cinq musiciens y déversent, dans une complicité qui est bien sûr le fruit de leur longue collaboration mais surtout d’une passion partagée. Du jazz, oui mais pas seulement : effluves funk, poussées de fièvre volontiers rock sont aussi au programme. On ne s’en plaindra pas : plus y a de souffle, plus on (sou)rit, et c’est bien l’essentiel. XXV est une gourmandise dont on aurait tort de se priver. Le régime peut attendre.

