Vazesh
Tapestry
Jeremy Rose (ts, ss, bcl), Hamed Sadeghi (tar), Lloyd Swanton (b).
Label / Distribution : Earshift Music
Fondé en 2009 par le saxophoniste et compositeur Jeremy Rose, le label discographique australien Earshift Music, basé à Sydney, fête ses quinze années d’existence en 2024, avec quatre-vingts sorties d’albums à la clé. La diversité des projets musicaux est orientée dans des stratégies créatives, de Steve Barry à Ellen Kirkwood en passant par Matthew Ottignon. Cette scène australienne nous embarque dans de nouveaux horizons. Within And Without, illuminé par la guitare de Kurt Rosenwinkel, et Face To Face avaient bien mis en avant l’univers poétique de Jeremy Rose ; avec le trio Vazesh, c’est en direction d’une rencontre hétérogène entre l’Orient et l’Occident qu’il porte son regard.
Avec vingt-cinq albums publiés sous son nom, Jeremy Rose s’est produit dans différentes formations : The Earshift Orchestra, The Vampires, Visions Of Nar, Project Infinity et ce trio Vazesh où il est en compagnie de Hamed Sadeghi et Lloyd Swanton. « Zircon », qui ouvre l’album Tapestry, fait déferler une multitude d’idiomes et de mouvances culturelles, le chant exquis de la clarinette basse allié aux cordes pincées du tar et de la contrebasse solennelle jouée à l’archet, y est captivant. Né en Iran, Hamed Sadeghi est un joueur de tar réputé pour son aisance à mêler la musique classique persane avec le jazz et les gammes musicales occidentales. Renommé pour ses performances en solo qui mettent en valeur sa virtuosité, il développe un style d’une rare efficacité caractérisé par un équilibre entre des rythmes complexes et un sens aigu de la mélodie. « Pagoda », « Azure » témoignent de son aisance technique sur cet instrument au corps en forme de double cœur.
Lloyd Swanton témoigne de sa grande capacité à faire fusionner les traditions musicales qui parcourent Tapestry. Il est le co-fondateur d’un groupe culte d’Australie, le trio The Necks, avec Chris Abrahams et Tony Buck. Son engagement musical dans cet album confère une belle assise structurelle aux compositions, à l’image de « Julep » et « Magic » empreints de clarté .
Les improvisations de Jeremy Rose, à la fois chantantes et élaborées comme dans le délicat « Lilac » imprégné d’un onirisme méditatif, témoignent de l’interaction réussie entre des idées contemporaines et des traditions musicales ancestrales.

