Scènes

Airelle Besson & Nelson Veras

25 mars 2015, double plateau à Angers.


Photo @ F. Bigotte

Deux mois jour pour jour avant l’ouverture de « Bouche à Oreille » sixième édition, à Bouchemaine (périphérie d’Angers), l’association Jazz Maine propose un double plateau : un orchestre régional interprétant les musiques de « La Tectonique des Nuages », opéra de Laurent Cugny, et le duo Airelle Besson / Nelson Veras.

Après un film retraçant les moments forts de l’édition 2014 de ce festival situé à l’embouchure de la Maine et de la Loire (dans un cadre classé au Patrimoine mondial de l’Humanité), l’association présente la programmation éclectique 2015 (Sonny Troupé, Alban Darche, Daniel Humair, Esther Rada…) qui se tiendra du 22 au 25 mai prochains. Le fleuve, des concerts dans des jardins privatifs, des promenades au bord de l’eau et en musique, un chapiteau, de quoi attendre les beaux jours avec impatience.

De jeunes musiciens venus des cinq départements des Pays de la Loire s’installent ensuite sur la scène. Cet orchestre éphémère précède donc la création par Angers Nantes Opéra de La Tectonique des nuages, spectacle auquel participent notamment Laika Fatien, David Linx, Denis Leloup ou Thomas Savy. Issu de la classe jazz du Conservatoire de Musique à Rayonnement Régional dirigée par Pierrick Menuau (saxophoniste bien connu sur la place angevine et au-delà), il en propose six extraits. Il n’a pas à rougir de sa prestation. Ce petit teasing “in vivo” aura certainement motivé plusieurs personnes à acheter leur billet pour les représentations d’avril (à Nantes et à Angers). Une section basse/batterie au groove gracile, véritable ossature de cette formation, accompagne cinq soufflants, une chanteuse et un chanteur. L’ensemble donne chair à une musique rappelant les grands big bands des années 50, agrémentée d’influences cubaines.


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Photo Frank Bigotte

Pour la seconde partie, on reste en Amérique du sud avec la guitare aux sonorités brésiliennes de Nelson Veras tandis que la trompette d’Airelle Besson, dont le métal accroche en mille éclats la lumière des projecteurs, nous emmène en voyage. Leur disque, Prélude, a fait l’unanimité ; ces louanges ne sont pas usurpées. En un concert qui semble durer l’espace d’un soupir, le duo complice crée une parenthèse délicate, entre les sonorités tout en retenue de Besson et les chapelets cristallins égrenés par les cordes claires de Veras. Un concert à taille humaine, serait-on tenté de dire. Humble sans être effacé, intime sans être confidentiel.

Le répertoire est issu du disque, mais s’y ajoutent quelques compositions nouvelles, un thème de Coltrane et un hommage à Kenny Wheeler. Entre les pièces, les interventions d’Airelle Besson, sa voix claire et ses sourires font écho à son jeu créatif, mélodieux, qui met en valeur l’évidence de son propos même lorsqu’il emprunte des chemins sinueux. Moins abstrait que dans d’autres contextes, arpentant le manche avec légèreté et inventivité, Nelson Veras invite toute l’histoire de la guitare sous ses doigts. Lorsque les deux s’amusent tour à tour à effacer puis faire ressurgir une ligne mélodique, le plaisir à partager les sons est communicatif.