Chronique

Anne Carleton

So High

Anne Carleton (voc), Edgar Morin (voc), Laurent Guanzini (p), Benoît Dunoyer de Segonzac (cb), Akémi Fillon (vln), Jean-Marc Apap (alto), Antoine di Pietro (alto), Miwa Rosoo (cello), Ninon Valder (bandonéon), Eric Moulineuf (arrangements, voc), Prune L et Ambre L (voc)

Label / Distribution : Quart de Lune

Intrigué par la présence du philosophe Edgar Morin, nous partons à la découverte de ce premier album d’Anne Carleton.

A l’image du penseur français, voilà un disque qui se situe à la croisée des chemins, mêlant jazz, chanson, philosophie, slam, ouvrant la porte à un univers tout à fait personnel. Avec So High, la plasticienne, compositrice et chanteuse Anne Carleton marie avec plaisir et talent la voix de Morin, les compositions de Jean-Philippe Viret ou Carine Bonnefoy et ses propres textes et musiques. Pour servir le tout, elle s’entoure de quatre cordes, d’un piano, d’une contrebasse et d’un bandonéon dans une formule qui évolue au grée des morceaux et des atmosphères. Le travail d’arrangement et de mixage d’Eric Moulineuf, tout en finesse, vient magnifier le tout. C’est également lui qui dit avec conviction le texte de « À corps et à cris ».

Le résultat est à la fois très cohérent et unique. Puisant son inspiration dans la philosophie de Morin, dont la voix se pose sur la musique comme le ferait un slameur, parfois en boucle (une notion chère à Morin), créant un univers onirique et intriguant, Anne Carleton livre avec So High un disque à la fois frais et addictif, beau et prenant. La musique s’y déploie avec bonheur, brassant les différentes influences sans s’embarrasser de frontières artificielles, tout en préservant une vraie cohérence dans le propos, évitant les écueils liés à cette volonté d’ouverture. La voix d’Anne Carleton est à la fois précise et profonde, toute en sobriété. Que ce soit en français ou en anglais, la chanteuse glisse quelques questionnements sur notre société et notre monde, notre relation à l’autre. Une belle découverte.