Aristide d’Agostino
Dernier tour de piste
Aristide d’Agostino (tp, vx, effets)
Label / Distribution : Colletif Thöz
Membre actif du collectif 3h10 qui dynamise le jazz au Mans, le trompettiste Aristide d’Agostino offre un disque en solitaire pourtant bien habité de multiples voix. Avec une liberté certaine et un sens de l’humour qui rend l’écoute enjouée, il construit une succession de pastilles sonores, historiettes sans queue ni tête, où fleure bon un surréalisme qui ne se prend pas au sérieux.
Trompettiste de qualité qui a aussi travaillé avec Christophe Chassol (écoutez-le également avec le trio Dippin’ Organ ou Go To The Dogs, lauréat 2020 de Jazz Migration), il est également chanteur et programmateur de boucles et autres bidouilles électroniques qui viennent enrichir un univers décalé. Avec une maîtrise du propos dans lequel la spontanéité apporte une fraîcheur indéniable, ces délires joueurs mis bout à bout finissent par prendre sens. Ou non-sens, c’est selon. Perturbant sa voix par des modifications sonores et une forme de spatialisation, il crée des instantanés musicaux où les détails façonnent l’ambiance générale.
Le soldat, le bon vivant, l’amant, l’instrument qu’on aime autant qu’on le déteste, c’est un auto-portrait qui se dessine. À l’instar de la pochette de ce disque au visuel diffracté, c’est une image du musicien, authentique ou fantasmé, auto-centré et sympathique, touchant même, plus profond que ne le suggère son air goguenard ; généreux quoi qu’il en soit dans sa manière de se mettre à nu et de se donner aux autres.
