Chronique

E.S.T.

Live in Gothenburg

Esbjörn Svensson (p), Dan Berglund (b), Magnus Öström (d)

Label / Distribution : ACT

C’est peu de dire que les années 2000 ont été marquées par la déferlante E.S.T. D’un bout à l’autre du globe, le trio s’était en effet imposé dans tous les cœurs et émargeait dans tous les festivals. La planète jazz se nourrissait d’E.S.T. matin, midi, soir. Plus qu’une vague, un tsunami qui avait renouvelé le genre et faisait l’unanimité. Jusqu’au dramatique accident de plongée en 2008 qui laissa nombre de mélomanes orphelins et Esbjörn Svensson – celui-là même qui avait donné son nom au groupe – sans vie.

La publication d’un nouvel enregistrement n’est donc pas anodine et on imagine que parmi la pléthore de concerts que la formation a donnés – on disait près de trois cents par an à l’époque ! – il y a une belle palanquée de perles à déguster. Au risque toutefois que tous les disques se ressemblent ou que, pire, la musique ait pris un coup de vieux. Alors on retrouve dans le répertoire nombre de morceaux qui figurent dans les albums précédents, les mêmes applaudissements à tout rompre – signe de l’effervescence que le groupe suscitait –, l’électrique jeu de Dan Berglund quand il est à l’archet et ce jazz qui lorgne du côté de la pop. Alors, oui, le Live in Gothenburg ressemble drôlement à ceux de Stockholm, Berlin ou Hamburg mais, pfiou !, qu’est-ce que c’est génial de se remettre une tournée d’E.S.T. en réécoutant pour la énième fois « From Gagarin’s Point Of View », « Good Morning Susie Soho » ou « Dodge The Dodo ». Car rien n’a vieilli et on est emporté, comme à la première heure, par les thèmes limpides, les chorus qui vont crescendo et cette fébrilité qui les accompagne.