Chronique

Emmanuel Scarpa / Might Brank

The Masks

Emmanuel Scarpa (dms, gongs, jing cymbals, chinese cymbal, bells, metal tubes, wood block, voc, vocoder & effects pedals)

Label / Distribution : Carton

Le premier disque de Might Brank, EP#1, se présentait sous d’heureux auspices. Avec The Masks, Emmanuel Scarpa muscle son jeu, comme disait un amateur de ballon. Musicalement, l’album est dans la lignée de son prédécesseur, mais il a gagné en contenance. Côté son, Adrian’ Bourget (Blast, Watchdog, Anne Quillier, Asylon Terra) est encore aux commandes, et restitue une esthétique sonore à la hauteur du projet.

La dimension spirituelle est encore très présente, et toujours un peu voilée. En roue libre, elle se veut syncrétique et semble dénuée d’intention. On ne saura pas ce qu’il y a derrière le masque, mais c’est peut-être là que se trouve l’intention : que chacun se l’approprie.

Un titre comme « Onomato » crée la surprise dans une sorte de triptyque musical habilement construit. Le survolté « Helico » instaure une tension sur des rythmes saccadés, avant « Circum Ambulatio » qui vient conclure dans un concert de cymbales aérien. Le tout s’équilibre entre turbulences et moments d’accalmie.

Si l’on peut avoir parfois une impression de tâtonnements, l’originalité des parties vocales et surtout l’inventivité des rythmes sont bien là. L’épaisseur de The Masks tient à sa composition rythmique et à la richesse des sons, qui soutiennent la baraque quoi qu’il arrive. Autrement dit, sauvé par le gong.

par Raphaël Benoit // Publié le 12 décembre 2021
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