Philippe Léogé, maitre d’orchestres
Pianiste, chef d’orchestre et ancien directeur artistique de Jazz sur son 31
Philippe Léogé © Baptiste Hamousin
Philippe Léogé, c’est une carrière de cinquante ans riche d’expériences et de projets en big band, en solo ainsi que des collaborations avec Guy Lafitte, Jimmy Gourley, Glenn Ferris, Magali Pietri et Jean-Marc Padovani. Sans compter la création, en 1987, de Jazz sur son 31 et sa direction artistique pendant trente-six ans. Portrait d’un infatigable musicien.
Quand on rencontre Philippe Léogé, on se dit que la musique est une évidence pour lui. Il a, en effet, commencé tôt. Pianiste puis clarinettiste, il a appris dans les bandas gasconnes, ces orchestres philharmoniques qui participent au maillage musical des territoires, les orchestres de bal, l’orchestre du Casino de Luchon, le Big Band de Toulouse… puis il y eut les USA et la Berklee School que Philippe Léogé intègre au début des années 1980.
De cette expérience, il retient notamment qu’il n’y a pas de barrières stylistiques. Une semaine, il pouvait travailler un arrangement de Duke Ellington, la semaine suivante le Sacre du Printemps et la suivante encore un morceau de John Lennon sans qu’on dise que l’un est plus prestigieux que l’autre. Il ne sera jamais un fondamentaliste d’un style, pas plus qu’il ne se dit uniquement jazzman. Il se dit musicien avec un état d’esprit jazz, c’est-à-dire qu’il peut librement aborder toutes les musiques. Il définit le jazz comme la spontanéité de l’improvisation, le partage, la rencontre, la mixité aussi, qu’elle soit ethnique, sociale, esthétique.

- Philippe Léogé © Pierre Vignacq
Les orchestres de variétés lui ont permis d’aborder l’écriture et l’arrangement, une autre des caractéristiques de son parcours de musicien. Car il fonde, à la fin des années 1980, le Big Band 31 (au même moment naît l’ONJ). C’est d’ailleurs le premier orchestre de jazz subventionné en province. Il fondera aussi le Big Band 31 cadets qui permettra l’éclosion d’un certain nombre de musiciens. Il sera aussi l’arrangeur de l’orchestre de René Coll pour l’émission de télé « Sacrée soirée ». L’émission était hebdomadaire et durant trois ans, Philippe écrit et orchestre à un rythme effréné. Durant les trajets, à l’hôtel, pendant les nuits blanches, il écrit, arrange, orchestre. Et comme si ça ne suffisait pas, il crée en 1987 le festival Jazz sur son 31 dont il assure la direction artistique jusqu’en 2023.
Parallèlement, il aura une carrière internationale en solo. Et quand on lui demande si le passage de l’un à l’autre ne relève pas du grand écart, il dit que le piano est un orchestre à lui tout seul. C’est un instrument harmonique, mélodique et rythmique et il cite Ravel selon lequel une orchestration part du piano et s’étend à l’ensemble de l’orchestre tandis que la transcription constitue le chemin inverse.
Philippe Léogé se produit maintenant avec le Blue Train quintet dans lequel officient ses deux fils qui entament de belles carrières de musiciens. Tel père tels fils, la musique continue.
