Chronique

Bernard Lubat

L’idiome sandwich

Bernard Lubat (p, acc, perc, d, synth, voc), Thierry Farrugia (ts), Francis Lassus (d, perc), Patrick Auzier (tb, perc), Pierre Scheidt (traffic sonore)

Label / Distribution : Le Chant du Monde

Voilà un disque qui laisse un sentiment mitigé. L’idiome Sandwich -sous titre : Chansons Swing paru en 1985 vient d’être réédité. 1985 si ma mémoire est bonne, Lubat est rentré dans sa terre natale et fait le fou avec un festival unique, celui d’Uzeste.


Là où on peut justement lui en vouloir c’est d’avoir laissé de côté l’expérimentation uzestoise pour faire une œuvre de studio ancrée dans son époque et par moment très datée.
Il y a donc la cargaison du son des années 80 et ce n’est pas ce qui va forcément le mieux à notre gascon. Un curieux assemblage de synthés vintage, de batterie alourdie et …d’accordéon.
Puis tout d’un coup deux solos de piano qui tombent comme un cheveu sur la soupe.
Parfois cela peine même à se démarquer d’un banal disque de variété, surtout dans la deuxième partie. Il vaut mieux passer vite sur la tendresse mièvre de «  Loulou La Gamelle  » et compter sur les textes et l’énergie de Lubat qui sauvent de justesse un « S.O.S Articule  » au funk pantouflard.


N’empêche, si on veut y prêter l’oreille, ce disque nous cache quelques pépites. La voix éraillée et à l’arraché de Lubat se trouve naturellement à son avantage sur un « Mama Samba » débordant de peps et d’inventivité, « Los Gojates » ou la valse délicieusement bancale « Le Gnan le gnan » qui clôt l’album.
Là sont évidentes ses qualités d’instrumentiste, par exemple dans ces fabuleuses cascades d’accordéon, Allez chauffe, chauffe Bernard, Mama Samba tire-moi de là !

Mais entre nous, si vous ne connaissez pas bien Bernard Lubat, mieux vaut vous procurer le disque « Scatrap Jazzcogne » de la Compagnie, les solos de piano de « Conservatoire » et aller l’écouter « live ».