Le Brussels Jazz Orchestra nous a habitués à livrer régulièrement des albums consacrés à une thématique ou à un musicien invité. Cette fois, c’est la saudade et Naima Joris que cette très belle formation a retenus et le résultat est, une fois encore, fort convaincant. En six morceaux, nous sont livrées quarante minutes de musique élégante qui vont ravir tant le mélomane érudit que celui qui n’est pas spécialement abonné aux publications de jazz. En revanche, pour qui irait y chercher des notes brésiliennes, il faudrait qu’il passe son chemin. Ce n’est pas le propos.
La saudade c’est, d’un mot, la mélancolie : c’est bien elle qui est mise en exergue jusqu’à mettre mal à l’aise avec l’interpellation du cancer dans « Quand c’est ». Mais l’orchestre a choisi de ne pas nous mentir. Reste que c’est bien l’élégance qui ressort avant tout de ce très beau disque. Pour qui aime les comparaisons, on dira qu’on est dans un registre proche de ce que propose Maria Schneider : la voix, l’orchestre, les soli, la puissance tout est calé exactement comme il faut.
