Jacky Molard Quartet
4
Jacky Molard (vln), Hélène Labarrière (b), Janick Martin (acc), Yannick Jory (ts)
Label / Distribution : Mojola
Voici des années désormais que le violoniste Jacky Molard mène un travail patient et opiniâtre autour de la musique celtique et plus précisément bretonne. On se souvient de Suites, en 2012, mais c’est sans doute avec Mycélium que le quartet acoustique réuni par le violoniste a marqué les esprits, à la fois en convoquant la tradition, mais en la faisant évoluer dans un paysage plus contemporain avec des fidèles, la contrebassiste installée en Centre-Bretagne Hélène Labarrière en tête. Il suffit, dans ce nouveau et court 4, constat à la fois du nombre de combattants et du nombre de disques [1], d’écouter « The Maid Of Coolmore » pour comprendre la démarche de Jacky Molard : violon qui cherche ses racines, porté par le bourdon de l’accordéon de Janick Martin et la contrebasse de Labarrière. Des racines qui creusent d’autres terres nourricières.
« Le joli bransle », court morceau final qui célèbre avec émotion la transmission d’un ami disparu, use de la même recette. La contrebasse sonde des émotions enfouies sur lesquelles violon et accordéon dansent avec lenteur, comme pour retenir des moments de chaleur. Plus discret mais indispensable à la pâte orchestrale, le saxophone de Yannick Jory lie tout ceci dans un très beau tutti qu’Hélène Labarrière pousse à danser plus vite sans en chercher les retranchements.
C’est avec le premier titre écrit par la contrebassiste, « Asphyxie Climatique » que le quartet se fait le plus contemporain, dans toutes les acceptions du terme. Loin de l’insouciance de la danse mais sans en perdre l’énergie, le quartet interroge avec une insistance inquiète le réchauffement, que Jory pointe avec vigueur. Les racines celtiques sourdent du propos sans dévier du sujet porté par une rigueur rythmique remarquable. Le travail de structuration effectué par Labarrière est incroyable et projette l’orchestre dans une dimension déjà aperçue dans Mycélium avec ses divers invités. C’est un bonheur de les retrouver ici entre eux avec cette douce puissance.

