François Poitou Quintet au 38Riv
Au 38Riv, la scène est ouverte aux créations et les projets récents.
François Poitou Quintet : présentation sur scène d’un des albums marquants de l’année 2025.
On aime passer des soirées au 38Riv, sis comme son nom l’indique au 38 rue de Rivoli. Jazz-club sous terre et sous voûtes, mini-salle (le plus petit jazz club de Paris), mini-scène, enfouie sous trois niveaux et une entrée discrète, ouvert tous les jours aux amateurs de musiques improvisées comme aux touristes parfois déconcertés.
Ce vendredi 3 octobre, au terme d’une brève présentation bilingue, le quintet de François Poitou joue son dernier album, Old Folks, dont il a déjà été dit ici le plus grand bien.
Le concert s’ouvre sur la guitare acoustique seule de Misja Fitzgerald Michel (quand Federico Casagrande joue sur le disque).
Le saxophone soprano de Robby Marshall (Maxime Berton sur disque) s’invite, la contrebasse du leader lui emboîte le pas, Aude-Marie Duperret à l’alto et Bastien Ribot au violon jouent des pizzicati et le voyage peut commencer.
Cette musique de chemins et de chambre semble parfaitement à son aise et même s’épanouir dans l’intimité hétéroclite des sous-sols. Elle s’y dévoile peut-être plus abrasive que sur disque mais pas moins passionnante.
Un concert relativement bref (contrainte obligée de l’habituel double programme des lieux) durant lequel seront joués neuf morceaux, soit tout le dernier album, ou presque.
On retrouve avec grande joie les compositions originales telles « Le Figuier au fond du jardin » et « Lumières de Moher » qui, ouvrant le disque comme le concert, contribuent grandement à installer cette ambiance si particulière et agréable. Ou bien encore « Temple Bar » avec son introduction aux cordes de gigue trempée, rouillée, bancale avant que le saxophone soprano ne s’envole et n’emmène le morceau danser au-dessus des nuages, puis se fondre vers l’horizon.
Et les reprises réappropriées : « Time In a Bottle » en chanson folk valsée, le tube « Scarborough Fair », ou « Wild Mountain Thyme » au titre mystérieux, au thème mélancolique et dont les dernières notes nous rendent déjà nostalgiques du concert qui se termine avec elles.

