Geir Sundstøl est un musicien paradoxal, à la fois multi-instrumentiste accompli et bricoleur insatiable. Son nom apparaît sur plus de trois cents albums et il a composé de nombreuses musiques pour la télévision et la radio. Ses deux compositions « Broder » et « Divan » (animé par un harmonica langoureux) témoignent de sa propension à explorer l’image tout autant que le son.
Les ornementations amplifient ses mélodies sirupeuses et « Nabel » n’hésite pas à confronter la guitare Shankar et les cloches tubulaires. Curieusement, une impression d’équilibre précaire se dégage dans ce sixième album enregistré pour Hubro par ce musicien inclassable. Mais la planification de ces multiples atmosphères parvient miraculeusement à tenir un cap. Il faut noter l’efficacité d’ Erland Dahlen passé maître des percussions en tout genre et de la scie musicale. Les arrangements de cordes de Mari Persen, Sunniva Shaw, Erik Sollid et Håkon Brunborg brouillent un peu plus les pistes et accentuent un lien chancelant entre passé et présent. Seule composition où la voix prédomine, « Snille spøkelse » propose un chaleureux assemblage entre la trompette d’Hildegunn Øiseth, le chant délicat de Sanne Rambags et les paroles ténébreuses d’Ivar Orvedal.
Le mélange disparate des claviers, qui vont du Minimoog au Clavinet en passant par l’orgue Casio, procure d’étranges sensations, à l’instar de ces neuf mélopées qui caractérisent Sakte Film.
