Scènes

Kornazov / Codjia / Tamisier Trio

Un concentré de musique élégante et douce où se combinent avec art les timbres de la trompette, de trombone et de la guitare…


Ce samedi 16 juin 2012 au Parc Floral du bois de Vincennes, l’été n’était toujours pas au rendez vous. Il était pourtant prévu qu’une partie du programme du Paris Jazz Festival 2012 soit donnée en plein air, sur « la barge à jazz » flottante, située sur la pièce d’eau centrale du parc. Mais ce jour-là, la météo en avait décidé autrement, obligeant finalement les organisateurs à transférer les musiciens sous le grand « Delta ».

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photo © Emmanuelle Vial

C’est donc sur la grande scène, juste après le concert - ovationné - d’Hadouk Trio que se présentait l’original et audacieux Trio Kornazov/Codjia/Tamisier - qui fait fi de toute section rythmique et se présente sans contrebasse ni batterie.

Nous avons été charmés par un concentré de musique élégante et douce où se combinent avec art les timbres de la trompette, du trombone et de la guitare. L’imaginaire de ce trio sait imposer son rythme grâce une musique chambriste savamment composée, constituée de courtes pièces de 3 à 5 minutes évoquant parfois une atmosphère de bande originale de film. Une musique très subtile, qui requiert toute notre attention si nous voulons en apprécier tous les détails, toutes les ciselures. Au-delà de la connotation jazz, on peut aussi se laisser porter jusqu’aux rives de la musique française - Debussy, Ravel ou Fauré - pour les moments calmes, mais aussi vers Stravinsky ou Bartok pour les passages plus tendus.

Les membres du trio, qui se connaissent depuis leurs études musicales, il y a une quinzaine d’années, jouent régulièrement ensemble et stimulent ainsi leur créativité.


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photo © Emmanuelle Vial

Gueorgui Kornazov (trombone), originaire de Bulgarie, a découvert le jazz dès sa prime jeunesse via la radio « Voice of America ». Il oscille avec bonheur entre douceur mélodique et puissance tellurique. On l’a vu régulièrement au sein des « Strada » d’Henri Texier. Et on avait remarqué son album Viara, à la tête de son quintette Horizon (Parisien/Codjia/Buronfosse/Jannuska).

A la trompette, Geoffroy Tamisier, qui a été membre de l’ONJ et de l’ensemble Mukta ainsi que du Gros Cube (écouter en particulier Au bonheur des anges), a, à son actif, un disque de compositions en Big Band avec Kenny Wheeler (G Meets K). Il joue également en duo acoustique avec Fred Chiffoleau (contrebassiste du « Jus de Bocse » de Médéric Collignon).

Manu Codjia à la guitare se montre quant à lui très sobre et totalement au service des cuivres, jouant le plus souvent en arpèges délicats et en rythmique ciselée.

Ce concert très mélodique rendait également hommage au trompettiste Kenny Wheeler qui, de toute évidence, a marqué et inspiré les trois musiciens. Un prochain CD est prévu intégrant les pièces jouées au cours de cet après-midi.

  • Gueorgui Kornazov, trombone
  • Manu Codjia, guitare
  • Geoffroy Tamisier, trompette

Voir le Photo-Reportage d’Emmanuelle Vial.