Chronique

Mohler, Parker, Reid, Daniels

The Eternal

Billy Mohler (b), Jeff Parker (g), Damion Reid (d), Devin Daniels (as).

Label / Distribution : Contagious Music

Dès les premières notes de contrebasse, quelque chose se met à vibrer dans le ventre. Puis le saxophone surgit (le morceau d’ouverture a d’ailleurs été écrit pour Devin Daniels) et les corps, charmés, suivent la pulsation, passent sous son contrôle.

Cette musique ne déteste pas une certaine rudesse. Du nerf. Du punch. Une efficacité sèche qui emporte l’auditeur dans une forme de transe.

Souvent, chez les bassistes compositeurs, existe une clarté particulière. Une manière de tracer le chemin avant d’y lâcher les autres musiciens. Billly Mohler en est. Ses lignes de basse dessinent des motifs obstinés, des figures qui s’emboîtent et tournent sur elles-mêmes comme des farandoles fiévreuses.

Entre les pièces de groupe apparaissent plusieurs intermèdes solo, tous intitulés « Eternal » et simplement numérotés. Là, le disque change légèrement de lumière. Mohler y laisse apparaître le deuil (du père) qui imprègne tout l’album et fut, presque, à son origine.

Mais quand il joue entouré, ça bouillonne de vie. Jeff Parker, guitariste essentiel de Chicago et membre fondateur de Tortoise, apporte son sens de la fluidité et des lignes mélodiques flottantes. Damion Reid joue les batteurs dynamiteurs et Devin Daniels confirme, après LesGo ! en 2024, qu’il est bien plus qu’une sensation passagère.

par Aymeric Morillon // Publié le 17 mai 2026
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