Entretien

Alex Riel

Bavardages à quatre après le concert du Café Ciabatta.

Le concert que le trio a donné au Café Ciabatta au Caire, le 27 mai dernier, a donné l’occasion d’échanger quelques propos au pied levé…

Alex Riel est probablement l’un des batteurs danois les plus connus. Il a été le pilier du Cafe Montmartre pendant des années. Ce qui lui a permis de jouer avec tous les grands noms du jazz, de Dexter Gordon à Ben Webster en passant par Bill Evans, Wayne Shorter, Freddy Hubbard, Archie Shepp… mais la liste est interminable. À l’instar de NHOP et Jesper Lundgaard, Bo Stief fait partie de ces musiciens qui ont assis la renommée mondiale des bassistes danois. Lui aussi a écumé le Cafe Montmartre, et accompagné le gotha du jazz mondial, que ce soit Miles Davis, Dizzy Gillespie, Jackie McLean ou Stan Getz. Quant à Heine Hansen, en une dizaine d’années de carrière, il s’est déjà bâti une réputation de pianiste solide, capable de s’adapter à tous les environnements. En dehors de l’Alex Riel Trio, on a pu l’entendre également dans le cadre du Madsole Quarter, du Benjamin Koppel Quartet ou encore, aux côtés de sa sœur, Helle Hansen.

Citizen Jazz : Comment êtes-vous arrivés à la musique ?

Bo Stief : C’est la radio qui a tout déclenché… Et puis ma famille a toujours beaucoup aimé la musique.

Alex Riel : Il y avait beaucoup de disques de jazz à la maison. Mes parents m’ont poussé dans la musique !


JPEG - 30.9 ko
Alex Riel © PLM

Heine Hansen : L’environnement familial… Ma sœur, Helle, est chanteuse de jazz.

Pourquoi le piano, la contrebasse et la batterie ?

HH : Il y avait un piano à la maison. Helle en jouait avant de devenir chanteuse de jazz. Alors il m’a semblé naturel de m’y mettre aussi. Je suis devenu professionnel en 1996. Ensuite seulement, je suis allé au conservatoire.

AR : Mon père adorait les rythmes. Il passait son temps à taper des rythmes sur les tables, les consoles… partout. Enfant, je l’imitais sur des boîtes…

BS : J’ai commencé par la guitare. Un jour il manquait un bassiste dans un groupe… Alors voilà !… C’est l’école de la vie !…

Et le jazz ?

AR : Dans les années 60, à Copenhague, le Cafe Montmartre était LE bar où il fallait aller… Et puis le jazz permet d’improviser, d’être soi-même, d’exprimer ce que l’on ressent.

HH : Moi j’ai commencé à jouer à Aarhust avec les musiciens locaux… et ils jouaient du jazz.


JPEG - 44.2 ko
Bo Stief © PLM

BS : Pour ma part j’ai joué aussi bien du jazz que du rock.

Comment définiriez-vous le jazz ?

AR : Le jazz a un rythme particulier. Sa propre pulsation. C’est du swing sur du swing !… Mais on ne peut pas expliquer comment swinguer !

HH : Il est sain !… Plus sérieusement, je dirais qu’il se caractérise par le swing et l’improvisation.

BS : Je ne sais pas ce qu’est le jazz. C’est un livre ouvert…

Que pense le trio du solo ?

AR : Le jazz est, avant tout, communication. Un échange, le partage d’émotions… Et le solo ne va pas dans ce sens… Encore moins à la batterie !

BS : C’est vrai que le groupe est très important dans le jazz. Cela dit, je travaille sur un enregistrement en solo. Peut-être pour l’année prochaine… Mais c’est un processus long et difficile !

HH : Évidemment le piano se prête mieux au solo que la batterie ou la basse ! En fait je joue régulièrement en solo, ou en duo avec ma voix ! (rire).

Y-a-t-il un « jazz européen » ?

BS : Les Américains sont aussi bons que nous ! (rires).


JPEG - 20.2 ko
Heine Hansen © PLM

HH : Il n’y a pas assez d’échanges entre les musiciens européens pour parler de « jazz européen ».

AR : Depuis le temps que je suis la scène du jazz en Europe, je trouve que le jazz européen est remarquable. Il n’est pas autant influencé par l’argent que le jazz américain. Il peut se permettre d’être plus artistique, personnel, créatif… Les musiciens européens pensent avant tout en termes artistiques.

En parlant du passé, le regrettez-vous ?

AR : Oui, bien sûr, parce qu’on aime le passé ! (rires)

Et aujourd’hui, pourquoi l’Égypte ?

AR : L’ambassade du Danemark nous a invités pour une série de trois concerts. Les trois ont d’ailleurs été très différents les uns des autres. Le premier, dans une salle de concert, s’est déroulé devant un public plutôt froid. Hier soir, au club After Eight, c’était parfait ! Aujourd’hui, en plein air et dans une ambiance un peu bruyante, le public est plus disparate…

Le mot de la fin ?

AR : L’Égypte est fantastique !

BS : J’aime la vie et les enfants…

HH : Oh ! Non ! La musique !