Chronique

Brandon Seabrook

Hellbent Daydream

Brandon Seabrook (g, bjo), Henry Fraser (b), Erica Dicker (vln), Elias Stemeseder (p, synth)

Label / Distribution : Pyroclastic Records

La promenade fantastique qui se diffuse progressivement dans ce disque est salutaire. Brandon Seabrook fait de l’imbrication musicale son terrain de jeu favori et ses idées novatrices nous surprennent sans cesse. Tout se construit dans Hellbent Daydream avec un amalgame de cellules rythmiques qui aboutissent à une phraséologie inédite.

La découverte de « Name Dropping is the Lowest Form of Conversation (Waltz) » assemble des notions opposées et pourtant indissociables, la lenteur et la vitesse de la propagation du son. Situé au carrefour de plusieurs chemins alimentés par du folk, de la country et surmonté par des expérimentations électriques « Bespattered Bygones » affiche une certaine malice. C’est avant tout l’affirmation d’une méthode de composition qui ne ressemble à aucune autre, le thème s’engage dans des investigations étourdissantes. Faite de simplicité trompeuse, cette musique permet à Henry Fraser, Erica Dicker et Elias Stemeseder d’atteindre un certain degré de liberté, Brandon Seabrook contrôle les points de tensions musicaux et répartit ingénieusement les tâches.

L’unité d’action entre Brandon Seabrook et Erica Dicker procure un plaisir immédiat qui vise à abolir les frontières stylistiques. La violoniste, collaboratrice d’Anthony Braxton et ambassadrice de sa fondation Tri-Centric, explore une mosaïque de sons qui apportent un renouvellement convaincant à « I’m a Nightmare and You Know It » et « Existential Banger Infinite Ceiling ». La pertinence de l’écriture musicale diffusée dans cet album superbement enregistré par Aaron Nevezie évite toute forme de dispersion. Brandon Seabrook s’illustre plus que jamais comme un folkloriste urbain qui ambitionne d’unir des univers fractionnés.

par Mario Borroni // Publié le 3 mai 2026
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