Chronique

Jacob Garchik

Ye Olde 2 : At the End of Time

Jacob Garchik (tb), Josh Dion, Vinnie Sperrazza (d), Mary Halvorson, Brandon Seabrook, Jonathan Goldberger, Ava Mendoza, Miles Okazaki, Sean Moran (g)

Label / Distribution : Auto Productions

Après un premier Ye Olde en 2015, au line-up en grande partie semblable à celui du présent disque, le tromboniste Jacob Garchik propose avec Ye Olde 2 : At The End of Time un de ces disques immédiatement jouissifs qui combinent plusieurs flux de la contre-culture étasunienne, de la musique amplifiée à la science-fiction. Évidemment, de quoi nous attraper comme des mouches à miel ! Sorti discrètement à la fin de l’année 2025, Ye Olde 2 regroupe, outre le tromboniste d’Amaryllis ou du Large Ensemble de John Hollenbeck, la force de frappe des trois guitares de Jonathan Goldberger, remarquable à la guitare baryton sur « Transcending Brains », Brandon Seabrook toujours aussi imprévisible et Mary Halvorson qui livre sur « One Can Only Go Up » l’un de ses plus beau solos dans un contexte aux franges d’un rock rugueux et immédiat.

Le propos de Garchik, dont on loue ici le son à la fois clair et très nerveux, joyeux de simplicité, c’est d’amener une musique inspirée de la musique baroque (« Caro Ortolano ») et de le confronter à une électricité acide et chauffée au propane par la batterie de Vinnie Sperrazza, vieux compagnon de Seabrok et Halvorson et aperçu il y a peu avec Camila Nebbia. Avec ses airs de comics, la pochette et le propos de ce disque surfe sur une esthétique de voyage interstellaire épique et cyberpunk où le trombone peut s’électrifier et jouer avec les inventions sonores d’Halvorson (« Dyson Spheres »).

Ce qui est intéressant, autant que les partis pris d’une musique très électrique qui plante ses lointaines racines dans un jazz-rock transformiste ayant oublié ses rêves indigestes de grandeur, c’est l’ajout soudain de cinq musiciens le temps de deux morceaux en forme de banquet électrique. Car outre le second batteur Josh Dion, c’est à peu près le rendez-vous des guitaristes américains inventifs contemporains qui se joue sur « Omega Point », puisqu’on retrouve outre Sean Moran, Miles Okazaki et Ava Mendoza (rien que ça !). Il faudra dans « Ye Old vs. Simulacrus » que tout ce beau monde s’affronte pour révéler la vraie destination du vaisseau piloté par Garchik : une planète au goût très régressif d’un bonbon fait d’immédiateté électrique.

par Franpi Barriaux // Publié le 5 avril 2026
P.-S. :