Chronique

Céline Bonacina Trio

Open Heart

Céline Bonacina (bs, as), Kevin Reveyrand (b), Hary Ratsimbazafy (dms) + Himiko Paganotti (voc), Mino Cinelu (perc), Pascal Schumacher(vib).

Label / Distribution : ACT/Harmonia Mundi

Troisième album (après Vue d’en haut en 2005 et Way Of Life en 2010) pour la saxophoniste - qui joue pour l’essentiel du baryton. La première impression peut laisser penser que Céline Bonacina hésite entre plusieurs voies, parfois à la lisière d’un jazz fusion dont la saveur mériterait d’être un peu plus épicée.

Mais Open Heart, publié sur le label Act, finit par se dévoiler dès lors qu’on y revient et qu’on veut bien lui laisser une seconde chance. On se laisse alors gagner par une succession de climats qui donnent à entendre une vraie musique de brassages, chaude et enluminée de l’intérieur. Avec ou sans effets, le saxophone affiche une légèreté charmeuse, car Bonacina laisse parler un cœur ouvert aux influences du monde (dont celle de l’Île de La Réunion, où elle a vécu et enseigné pendant sept ans).

Bien entourée par une paire rythmique efficace et discrète, elle trouve en ses trois invités, Himiko Paganotti au chant (toujours remarquable, elle ne cesse d’affirmer une voix riche et singulière), Mino Cinelu aux percussions et Pascal Schumacher au vibraphone, d’éminents coloristes qui achèvent de convaincre. Open Heart est un disque sensible et émouvant, et Céline Bonacina a bien fait de s’approprier avec grâce un instrument que ses homologues masculins avaient jusque-là tendance à confisquer.