Chronique

Chevallier, Boisseau, Lavergne

ReSet

David Chevallier (g), Sébastien Boisseau (b), Christophe Lavergne (d)

Label / Distribution : Yolk Records

Quatre ans après Curiosity déjà paru chez Yolk, on retrouve un trio qui compte désormais treize années d’existence et présente un répertoire d’une dizaine de compositions dont la fluidité d’exécution trouve son explication dans l’expérience acquise au fil de cette grosse décennie. Dans cette musique où la connaissance de l’autre permet les audaces personnelles, la confiance est non seulement le moyen le plus sûr de laisser circuler la musique sans qu’aucune proposition ne soit déstabilisatrice, mais elle invite à repousser le champ d’expression au bénéfice du collectif.

En quelques notes, le trio sait en effet poser des ambiances limpides et immédiates. Sous leur apparente clarté, les compositions de David Chevallier sont à écouter avec méticulosité, leur refus des évidences mièvres s’épanouissant plutôt dans un discours à l’efficacité tranchante au sein duquel chacun s’exprime pleinement.

Que ce soit dans ses arrangements complexes qui font valoir les nombreuses dimensions de sa guitare comme dans les parties improvisées où jamais il ne surjoue, le guitariste se porte principalement au service d’un ensemble. Avec son style affûté, de plus en plus épuré, il est le garant d’une combinaison orchestrale qui répartit les voix et les fonctions avec un vrai souci de l’agencement et que vient polir généreusement la basse chantante et robuste de Sébastien Boisseau.

Car c’est bien d’une interaction tripartite qu’il est question, le travail de fond de Christophe Lavergne n’y est, de son côté, pas pour rien - tant s’en faut. Sa manière habile de créer des strates rythmiques qui n’épousent pas l’arithmétique des mesures mais les décalent subtilement installent souvent le triangle dans une temporalité flottante toujours vivifiante et réjouissante. Derrière ce répertoire mis à l’honneur, on entend effectivement un savoir-faire d’une grande inventivité, résultante d’un indéniable plaisir de jeu.

par Nicolas Dourlhès // Publié le 25 janvier 2026
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