Hanna Paulsberg Concept
Himmel Over Hav
Hanna Paulsberg (s, comp), Oscar Grönberg (p), Trygve Waldemar Fiske (b), Hans Hulbækmo (d), Elin Rosseland (voc)
Label / Distribution : Grappa
Ce cinquième album de la formation Hanna Paulsberg Concept se distingue par l’apparition d’Elin Rosseland. Depuis l’enfance, Hanna Paulsberg vénérait cette chanteuse qui se produisait dans les années 80 avec le groupe Kix en compagnie de son père le batteur Håkon Paulsberg et le bassiste Johannes Eick. Après une tournée de rodage en 2023 dans les clubs de jazz norvégiens, Himmel Over Hav a vu le jour et se différencie nettement des disques précédents par la présence de la vocaliste.
L’élégance du phrasé d’Hanna Paulsberg contribue beaucoup à la réussite du disque. Comme toujours, elle réussit à captiver par la simplicité avec laquelle elle aborde la complexité thématique, ce qui demeure une tâche toujours difficile à réaliser. Bien souvent, on pense à Ben Webster, à Stan Getz. La décontraction avec laquelle les notes du saxophone ténor surgissent et s’accolent aux mélodies témoigne d’une intelligence musicale rare. « Som En Fortelling » pourrait être l’un des nombreux standards américains du vingtième siècle avec sa construction harmonique aboutie. Aucune précipitation, le saxophone et le piano atteignent en chœur une puissance expressive, bien soutenus par les notes graves de la contrebasse et des balais qui effleurent les toms de la batterie. Elin Rosseland entre alors dans la danse après quatre minutes et le quintet atteint subitement une perfection orchestrale éclatante.
Dans la lignée de Norma Winstone et de sa compatriote norvégienne Karin Krog, la tessiture vocale d’Elin Rosseland est charmeuse, « Himmel Over Hav » révèle une qualité de timbre qui s’unit à l’atmosphère féérique du morceau. Susurré par la voix diaphane et rehaussé par les instrumentistes, « Gå » nous plonge dans une atmosphère troublante qui contraste avec la texture musclée de « Farao ».
La sensibilité dont font preuve Hanna Paulsberg et Elin Rosseland dans Himmel Over Hav résulte d’une constance poétique. Mais rien ne serait profondément accompli sans le pianiste Oscar Grönberg, le contrebassiste Trygve Waldemar Fiske et le batteur Hans Hulbækmo, tous pleinement investis dans cet album imposant.
