Scènes

Jazz à Vienne 27/6/10 : Liz McComb

Liz McComb enflammant la cathédrale de Vienne et un magnifique trio féminin : les images qui resteront d’une journée très « Liz ».


Liz McComb enflammant les fidèles de la cathédrale de Vienne, un magnifique trio de femmes (la chanteuse de l’Ohio aux côtés de Regina Carter au violon et d’Akua Dixon au violoncelle) : telles sont quelques-unes des images qui resteront d’une journée de Festival très « Liz ». Au programme du jour : une célébration œcuménique le matin et trois heures sur scène le soir en compagnie de nombreux invités. La pasionaria du gospel n’a pas failli à sa réputation !

Lorsqu’on voit arriver lentement Liz McComb au bras d’un de ses musiciens, on se dit qu’elle a pris un coup de vieux. Mais dès qu’elle monte sur scène, c’est le miracle, la transfiguration ; elle ressuscite dès les sunlights allumés. A 58 ans, cette véritable boule d’énergie, animée - illuminée, dit-elle par sa foi -, reste un phénomène. Et elle l’a prouvé ce 27 juin 2010 à Vienne via un véritable marathon.

Première étape le matin lors de la traditionnelle célébration gospel à la cathédrale Saint-Maurice en présence du pasteur de la ville et du prêtre de la Primatiale et d’un nombre de fidèles (très) nettement supérieur à la moyenne. En digne fille de pasteur, Liz se lance dans un prêche musical et met le feu à une assemblée où il n’est guère d’usage de taper des mains et de pousser de grands « yeah ». On se croirait un dimanche matin à Harlem.


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Photo J.-L. Chauveau

Le soir même, Liz McComb assure la totalité du programme en deux sets. Du second, reste notamment ce magnifique trio de femmes : entourée de Regina Carter [1] et d’Akua Dixon au violoncelle électrique, Liz communie musicalement et se lance dans des improvisations de belle tenue. En compagnie du quartet à cordes dirigé par Bertrand Richard [2], elle assure une première partie moins profane, plus gospel, plus intériorisée, alternant d’antiques negro spirituals avec la musique sacrée du Duke, plus quelques réminiscences « beethoveniennes ».

Elle termine la soirée accompagnée de son sextet, avec à la steel guitar un Calvin Cooke transcendant ; en présence d’un chœur digne des Raylets et de l’organiste californien Harold Johnson, elle se fond dans un répertoire nettement plus profane. Elle s’arrache avec difficulté de la scène à une heure avancée de la nuit, après avoir fait monter la pression en professionnelle aguerrie et avec, bien évidemment, standing ovation à la clef.

Line-up : Liz McComb (comp, arr, p, voc), Regina Carter (vln), Akua Dixon (voc), Calvin Cooke (steel guitar), Christophe Guiot (vln), Jean-Philippe Audin (cello), Odile Abrell (harp), Bertrand Richard (p), Harold Johnson (org), Eric Vinceno (b), Phil Makaia (gwokas), Larry Crockett (dms), Sacred Voices (bac voc).

par Dominique Largeron // Publié le 11 juillet 2010

[1Que l’on retrouvera le lendemain avec le Manhattan Transfer.

[2Qui l’accompagne habituellement.