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Edition du 28 novembre 2021 // Citizenjazz.com / ISSN 2102-5487

Les dépêches

La SNCF n’aime (toujours) pas les grosses.

La Ministre de la Culture confirme !

En avril dernier, Citizen Jazz se faisait fait le relais des difficultés rencontrées par les musiciens à gros instrument (contrebassiste notamment) lors de leur déplacement en train, en invitant à signer une pétition.

Depuis, rien n’a réellement changé. Ministre de la Culture, Mme Bachelot, en déplacement au festival Jazz sous les Pommiers, dit avoir interpelé Jean-Pierre Farandou (PDG de la SNCF) sur cette nouvelle donne préjudiciable à toute une profession. Or, la situation stagne.

Aujourd’hui, c’est au tour de la harpiste Laura Perrudin d’exprimer son malaise. Elle le fait sur Facebook. Avec son accord, nous relayons l’intégralité de son billet.


Cela fait plus de dix ans que je prends régulièrement le train avec ma harpe. En France, les rapports avec la SNCF peuvent parfois être compliqués quand on doit transporter un instrument volumineux. Pour autant jusqu’ici, à l’exception de quelques rares contrôleurs qui ont jugé nécessaire de me mettre une amende - alors que la présence de ma harpe n’a jamais posé le moindre problème de sécurité, d’accessibilité ni de confort à quiconque - le dialogue a toujours été possible et j’ai toujours pu prendre mes trains sans encombre.

Il y a quelques mois, je devais faire un voyage Toulouse-Paris avec ma harpe et, pour la première fois, on m’a refusé l’accès au quai. Aucune discussion n’a été possible. L’histoire s’est soldée par une location de voiture en urgence et 9h de route. Bien évidemment, au dernier moment, les seules voitures harpe-compatibles disponibles étaient des SUV, donc particulièrement chers écologiquement et économiquement. Depuis, je suis régulièrement dans l’obligation de faire des milliers de kilomètres en voiture individuelle pour faire mon métier de peur de me retrouver dans cette situation à nouveau. A l’heure de la prise de conscience de l’urgence écologique, la SNCF m’oblige à « re-carbonner » mon métier.

Beaucoup de collègues (contrebassistes, harpistes, violoncellistes etc…) ont fait face à des situations similaires depuis le début de l’année.

Avec Capsul Collectif, nous avons rassemblé de nombreux festivals, fédérations, syndicats et bien sûr musicien.ne.s autour de la table pour interpeler la SNCF sur ce problème qui soulève des questions écologiques, économiques, culturelles, d’accessibilité et d’inégalités sociales. La notion de service public, à l’origine fondatrice de la SNCF, est ici sérieusement mise à mal.

Aujourd’hui, nous avons le soutien de Bruno Studer, président de la commission culture de l’ Assemblée nationale.

Une tribune, à l’initiative de Sébastien Boisseau, a été publiée dans Le Monde sur le sujet.

Merci de votre attention et bon courage à tout le monde,

Laura Perrudin