Chronique

Louis Matute Quartet

How great this world can be

Louis Matute (g), Léon Phal (ts), Virgile Rosselet (b), Nathan Vandenbucke (dms)

Label / Distribution : Auto Productions

C’est Léon Phal, le saxophoniste rémois lauréat avec son quintet du Tremplin ReZZoFocal Jazz à Vienne 2019 et que l’on avait rencontré à cette occasion, qui nous a mis la puce à l’oreille : « Je joue également au sein de la formation de Louis Matute, écoute ! »… Et en mars 2020, en plein confinement, le guitariste Louis Matute, résident de Lausanne, sort en quartet son deuxième album sur le label allemand QFTF Records.

Une particularité indiquée sur la pochette retient l’attention : perfectionniste du son, ce compositeur suisse représentant de la guitare électrifiée a enregistré en décembre 2019 et fait mixer son album, composé en moins d’un mois, au Studio de La Buissonne par Gérard de Haro. Le groupe comprend Léon Phal au saxophone ténor, Virgile Rosselet à la contrebasse, Nathan Vandenbulcke à la batterie et Louis Matute à la guitare électrique et à la composition.
Lauréat du Prix spécial du Cully Jazz Festival 2019 pour « la qualité du projet personnel, le professionnalisme et le potentiel de développement sur la scène helvétique et internationale » ainsi que du Tremplin JazzContreband 2019, le groupe aurait dû entamer sa tournée 2020 par un concert de sortie d’album au Cully Jazz Festival en ouverture de Bill Frisell et Chris Potter.

C’est que l’on a affaire à la jeune génération de brillants étudiants issus de la HEMU (Haute Ecole de Musique) de Lausanne où ils se sont rencontrés au milieu des années 2010.
Entré à la HEMU en 2014, où il est l’élève de Francis Coletta pendant deux ans, Louis Matute suit pendant un an les classes de guitare de Wolfgang Muthspiel et Lionel Loueke au JazzCampus de Bâle.
Il est sideman pour plusieurs projets dont Phasm, porté avec Antoine Favennec, Gautier Toux, Mátyás Szandai et le Nantais Nathan Vandenbulcke.

L’album est plein de charme, il respire la sincérité, l’équilibre. Nos coups de cœur se portent sur les morceaux « Argile », comme une évocation tout en retenue de la fragilité, pour la respiration et le clair-obscur qu’il nous offre, et « Dügü », morceau solaire qui nous berce dans un balancement inspiré des rythmes d’Amérique Centrale, tout en souplesse à la batterie.

Louis Matute, dont le père est originaire du Honduras, l’a composée en évocation de la communauté des Garifunas du Guatemala et du Honduras, Dügü désignant le rituel qui fait danser les esprits des morts avec les vivants.

par Alice Leclercq // Publié le 27 septembre 2020
P.-S. :