Scènes

Nils Wogram Trio & presque Linda Vogel

Le festival internationnal Jazzycolors présente des artistes de toutes esthétiques.


Arno Kruger, Dejan Terzic et Nils Wogram © Cyrille Clément

Ce jeudi 10 novembre au soir, atteindre un lieu de concert à l’heure relevait un peu du défi avec les grèves parisiennes en cours. Mais pour le double concert du festival Jazzycolors, il fallait se rendre au Goethe Institut de Paris, dans le XVIe.

L’accueil chaleureux du directeur du service culturel du Goethe Institut, Nicolas Ehler, et de celui du Centre Culturel Suisse, Jean-Marc Diébold - travaillant en duo pour ce concert, a coloré la soirée d’un esprit ouvert et d’une conviction franchement communicative faisant oublier un trajet en vélo très difficile.

J’ai bien fait de venir.

Je m’attendais à écouter Linda Vogel, initialement programmée, or j’ai découvert en première partie Yumi Ito, artiste résidant en Suisse, aux origines japonaises et polonaises. Son récital était un singulier mélange entre piano et voix, soutenu par un accompagnement jazz tout en douceur de la contrebasse de Kuba Dworak et de la batterie d’Iago Fernández. Le plaisir d’un concert est aussi le souvenir de l’émotion qu’il laisse : une femme en scène, sensuelle et sincère, qui donne à partager son art entre son grand piano noir et ses envolées lyriques, des improvisations vocales audacieuses et singulières. On souligne une sincérité du ton dans ses chansons qui parlent, par exemple, de l’absence imposée par nos temps troublés par le confinement, et qui sont portées par un piano aux lignes mélodiques sobres et humbles. On y découvre l’univers intérieur de Yumi Ito, tout en richesse et en authenticité.

J’ai bien fait de rester.

Arno Kruger, Dejan Terzic et Nils Wogram © Cyrille Clément

Après l’entracte, apparaît le Nils Wogram Nostalgia Trio : sobriété, concentration. Trois hommes et la musique. Pardon ! Le son, la recherche de l’harmonie entre effets pop, groove et jazz. Nils Wogram est au trombone et au mélodica, Arno Kruger à l’orgue et Dejan Terzic à la batterie.
La surprise est d’entendre le mélodica en ouverture. Puis Wogram, au trombone - rejoint avec un son pop par l’orgue - joue des thèmes et variations légèrement facétieux, accompagné par la virtuosité tranquille de la batterie.
Entre « Rich People in a Bad Mood » et « Quality is Our Responsability », deux arrangements extraits de leur dernier album Things We Like to Hear, on est transporté dans une atmosphère riche et rythmée, planante et sincère.
Quel plaisir d’écouter ces trois artistes jouant ensemble avec conviction et dans une recherche musicale sans cesse renouvelée.
Coolitude et exigence associées donnent souvent le meilleur .

J’ai acheté l’album en sortant.