Portrait

CAMJazz : le cinéma et le jazz

Des spaghettis aux salades improvisées…


De l’autre côté du Petit-Saint-Bernard existe « une belle équipe qui produit un beau jazz » [1] : CAM Jazz. Ce label italien est une émanation de la Creazioni Artistiche Musicali Original Soundtracks, producteur connu des milieux cinématographiques.

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La Creazioni Artistiche Musicali Original Soundtracks est une vénérable société romaine dédiée aux musiques de film. Dans ce domaine, CAM Original Soundtracks a acquis une notoriété de premier plan. Son catalogue revendique plus de deux mille huit cents références. Loin de se limiter aux créateurs italiens, pourtant nombreux et remarquables, à l’image de Nino Rota et Ennio Moricone, CAM Original Soundtracks produit également Philippe Sarde, Claude Bolling ou l’incontournable Michel Legrand, pour ne citer que des français. Mais la liste des artistes est trop longue et variée pour être détaillée ici.

En 2000, forte de son expérience en musiques de film, CAM Original Soundtracks a eu la bonne idée de créer un nouveau département spécialisé dans le jazz. Aujourd’hui, CAMJazz propose une soixantaine d’albums et enregistre aussi bien Kenny Wheeler que Martial Solal, Antonio Farao que Javier Girotto. La ligne éditoriale se veut donc large, avec aussi bien des ré-éditions que des nouveautés, et des musiciens de toutes nationalités et de tous horizons. Orientation qui n’est pas sans rappeler celle de Fresh Sound Records. En France, le catalogue CAM Jazz est distribué par Harmonia Mundi.

Les habitués des bacs connaissent aussi CAM Jazz pour ses boîtiers arrondis… Et les mieux renseignés savent également que la plupart des albums sont enregistrés dans les prestigieux Studios Bauer de Ludwigsburg, qui enregistrèrent notamment le concert de Cologne de Keith Jarrett, mais sont aussi connus pour de nombreuses collaborations avec des labels - ACT, ECM, Winter & Winter… et C.A.M. – ainsi que de nombreux musiciens, de Monty Alexander à Pat Metheny, en passant par Gary Burton, Chick Corea, Marc Ducret

Pour illustrer plus concrètement la production de CAMJazz et compléter la présentation, voici une sélection de disques qui reflète assez fidèlement la ligne éditoriale du label italien…


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Encore
Antonio Farao (p), Martin Gjakonovski (b), Dejan Terzic (d)
2004

Avec son « trio de l’est » formé en 2002, le pianiste italien dédie ce huitième album en leader à sa mère. Compositeur, il privilégie les jolies mélodies sur des tempos medium, avec une attirance pour les rythmes latins et/ou dansants – samba, bossa, valses, funk… Pianiste, il joue tout en finesse, aidé en cela par une belle indépendance des mains. Son sens du swing et son esprit lui permettent de placer des traits qui préservent son lyrisme d’une mièvrerie facile. Il faut reconnaître aussi que ni Gjakonovski ni Terzic ne lui en laisseraient le loisir ! Les lignes du contrebassiste sont la fois souples et dansantes. Sa sonorité plutôt aiguë et chaleureuse – même à l’archet – et ses solos d’une grande clarté peuvent faire penser à Miroslav Vitous (qu’on retrouvera plus bas). Quant à Terzic, son drumming reste toujours élégant, léger et d’une musicalité parfaitement dans le ton. Et même si le piano conserve son statut de leader, les trois artistes s’épaulent avec un à propos sans faille. Les onze morceaux forment un album cohérent avec une touche personnelle qui fait de cet opus un disque qu’on pourra écouter encore et Encore

  1. « Gospello » (4’31).
  2. « Encore » (4’47).
  3. « Now It’s Different ! » (5’34).
  4. « I’m Lost » (8’45).
  5. « Vera » (5’52).
  6. « Three » (6’34).
  7. « Dedè » (4’10).
  8. « A Double Life And More », Luca Pasqua, Antonio Farao & Dejan Terzic (4’29).
  9. « Sylvie » (3’12).
  10. « News From Europe » (3’35).
  11. « Japan » (4’10).

(Tous les morceaux ont été composés par Antonio Farao, sauf indication contraire).


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Takes on Pasolini
Antonio Farao (p), Miroslav Vitous (b), Daniel Humair (dm)
2005

Ermanno Basso, lproducteur artistique de CAMJazz, a réuni un « All-Star » autour de Farao pour cet album-hommage à Paolo Pasolini. Le pianiste est entouré de l’époustouflant Miroslav Vitous et de l’ébouriffant Daniel Humair.

Ce n’est pas la première fois que des musiciens de jazz se penchent sur Pasolini. On se remémorera le spectacle Pasolini ou la rage sublime que Bruno Chevillon avait composé autour de ses poèmes, Accattone In Jazz de Danilo Rea et Roberto Gatto, ou encore, le récent Re : Pasolini de Stefano Battaglia chez ECM. D’ailleurs, Pasolini ne boudait pas non plus le jazz : voir, par exemple, le « Tears For Eric Dolphy » dans Theorème

Sur Takes on Pasolini, quatre compositions du pianistes sont des références directes aux films : Medea (1969), Teorema (1968), Stella et Oedipus (Œdipe roi, 1967). Les sept autres sont signés de ses trois musiciens fétiches - C. Rustichelli, B. Ghiglia et P. Piccioni – et tirés de trois films : Mamma Roma (1962), Una Vita violenta » et Porcile (1969). Une maîtrise habile de la tension, des longues phrases sinueuses brutalement interrompues, une alternance de jeu rubato et staccato et cette belle indépendance des mains déjà mentionnée : Farao n’est pas sans rappeler Keith Jarrett. Vitous joue du Miroslav à 100% : créativité et élégance dans tous les registres, avec une puissance et une précision dans les aigus toujours aussi impressionnante. Quant à Daniel, il joue du très bon Humair : foisonnement aux cymbales et pêches stimulantes. Ses coups variés font tous mouche : il surligne les propos de ses acolytes. Le caractère de Vitous et d’Humair, les contrepoints entre lesquels s’intercalent des unissons à trois et les « trilogues » faussement débridés évoquent parfois le trio Joachim Kühn - Jean-François Jenny-ClarkDaniel Humair, à l’instar de « Teorema » qui rappelle, par exemple, L’opéra de quatre sous. Le réalisateur aurait de quoi se réjouir car la musique de ce trio, sous ses dehors libres, est plus tortueuse qu’il n’y paraît ; une simplicité complexée, en quelque sorte… Quel plus bel hommage ? Un album qui vaut assurément le détour.

  1. « Mamma Roma – Cha Cha Cha », C. Rustichelli (6’44).
  2. « Mamma Roma - Stornello », C. Rustichelli (4’45).
  3. « Una vita violenta – Serenata cha cha cha », P. Piccioni (3’34).
  4. « Medea », A. Farao (6’19).
  5. « Porcile – Julian e Ida », B. Ghiglia (4’01).
  6. « Porcile – Percorso malinconico », B. Ghiglia (2’23).
  7. « Teorema », A. Farao (6’56).
  8. « Stella », A. Farao (5’54).
  9. « Oedipus », A. Farao (4’54).
  10. « Una vita violenta – Irene », P. Piccioni (3’20).
  11. « Una vita violenta – Theme song », P. Piccioni (3’34).

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It Takes Two !
Kenny Wheeler (bugle), John Abercrombie (g), John Parricelli (g) et Anders Jormin (b)
2006

Un Canadien, un Américain, un Anglais et un Suédois pour un casting type ECM. Mais c’est chez CAMJazz… It Takes Two ! est le quatrième disque de Wheeler pour le label italien, et pour l’occasion, le bugliste a fait appel à des compagnons de longue date. Les musiciens sont exactement sur la même longueur d’onde : le bugle soyeux et lointain s’appuie sur la guitare électrique « planante » aux nuances pop, à laquelle répond en contrepoint la guitare acoustique raffinée de Parricelli qui glisse çà et là quelques touches de bossa nova, tandis que le trio peut compter sur la contrebasse de Jormin, dont l’assise rythmico-harmonique assure un swing délicat. A l’exception d’un thème extrait de Spartacus, les mélodies sont signées Wheeler. Sa pâte se retrouve d’ailleurs dans ces ambiances plutôt méditatives qui naviguent entre contemporain et rock, sur des tempos medium lents. Amateurs de lignes élégantes et fluides qui frôlent la mollesse sans jamais y tomber, It Takes Two ! est pour vous…

  1. « My New Hat » (7”56).
  2. « It Takes Two ! » (5”06).
  3. « Comba N.3 » (6”44).
  4. « Fanfare » (0’51).
  5. « Love Theme From “Spartacus” », A. North (5’38).
  6. « After All » (4’08).
  7. « Improvisation N.1 », K. Wheeler, J. Abercrombie, J. Parricelli & A. Jormin (4’40).
  8. « The Jig Saw » (6’32).
  9. « Canter N.4 » (7’16).
  10. « One Of Many » (5’06).
  11. « Improvisation N.2 », K. Wheeler, J. Abercrombie, J. Parricelli & A. Jormin (4’40).
  12. « Never Always » (5’53).

(Tous les morceaux ont été composés Kenny Wheeler, sauf indication contraire).


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ImpertinAnce
Franck Tortiller (vib, xyl, marimba), Michel Godard (tu) et Patrice Héral (perc)
2006

Le bois, le vent et la peau… des sons primaires, une palette haute en couleur.
Tout concourt à la réussite de cet album qui porte son nom comme Cendrillon chausse l’escarpin : un titre insolent, des musiciens audacieux, une instrumentation hardie, des thèmes sans gêne et des développements intrépides…

Inutile de présenter pour la nième fois les garnements qui sévissent dans cette balade « jazzo-humouristico-exotico-intelligente » qui s’imprègne des ambiances tropicales sans les parodier. Trio au son unique, Tortillier, Godard et Héral tapent dans le mille avec des thèmes envoûtants, des morceaux à la fois souples et explosifs, des conversations mystérieuses des voix et, surtout, des échanges rythmiques fascinants. Autant d’ingrédients qui font d’ImpertinAnce un concentré de tension succulent. Et il ne fait aucun doute que l’ImpertinAnce de ces trois lascars enchantera les tympans avisés et ravira de ses charmes les oreilles les plus obtuses…

  1. « Les sorcières », M. Godard (5’22).
  2. « Mona », P. Héral (5’59).
  3. « La belle vie… », F. Tortiller (4’46).
  4. « Impertinance », M. Godard (6’06).
  5. « Mojo », F. Tortiller (6’36).
  6. « Luiza Blanca », traditionnel arrangé par F. Tortiller (4’44).
  7. « A 627 », P. Héral (2’33).
  8. « Do You Loveliness 2 ? », P. Héral (5’28).
  9. « Mahleur, Mahleur », P. Héral (2’38).
  10. « Archangelica », M. Godard (4’02).
  11. « Claret », M. Godard (4’59).
  12. « Serpent et sonnailles », M. Godard & P. Héral (4’53).
  13. « Les charmes », F. Tortiller (3’44).

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Unicity
Edward Simon (p), John Patitucci (b), Brian Blade (dr).
2007

Unicity a été très justement salué l’année dernière par le milieu du jazz : Edward Simon propose une musique moderne, remarquablement construite et captivante. Pour accompagner ses idées, ce pianiste d’origine vénézuélienne a fait appel à une section rythmique de luxe qui semble plaire aux Sud-Américains : John Patitucci et Brian Blade. Mais les deux compagnons de route de Wayne Shorter et de Danilo Perez se retrouvent avec Simon dans une ambiance quelque peu différente.

Les six thèmes écrits par Simon fleurent bon le classicisme, avec quelques dissonances de bon aloi. « The Messenger », de la plume de Patitucci, penche vers le contemporain. Le trio joue également « Gebriasolas », un morceau dansant signé David Binney, collègue de longue date du pianiste. Enfin une excursion catalane nous emmène dans l’univers ascétique du compositeur Frédéric Mompou. Un programme varié qui permet à ce trio d’imposer une musique originale et ingénieuse. La basse de Patitucci, toujours admirable à l’archet, est très présente : solos inventifs, walking bass particulièrement porteuse, grande sagacité dans le soutien. C’est le versant musical et fin de Blade que le trio a mis à profit, assez loin des explosions « shorteriennes ». Quant à Simon, son phrasé oscille entre contemporain et bop, mais son toucher d’une grande sensibilité le rapproche souvent des musiciens classiques. Doté d’un sens mélodique et dramatique sûr, il gère habilement la tension.

Sans folie, mais avec une maîtrise confondante et une construction tendue, Unicity peut tourner longtemps dans le lecteur, réservant à chaque écoute son lot de découvertes.

  1. « Invocation », E. Simon (0’54)
  2. « The Messenger », J. Patitucci (7’16)
  3. « Abiding Unicity », E. Simon (5’58)
  4. « Gevriasolas », David Binney (7’25)
  5. « The Midst of Chaos », E. Simon (6’34)
  6. « Prelude N.9 », Frederic Mompou (4’11)
  7. « Pathless Path », E. Simon (5’30)
  8. « Evolution », E. Simon (6’40)
  9. « Eastern », E. Simon (5’09)
  10. « Abiding Unicity – Reprise », E. Simon (3’01)

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New York Sessions
Javier Girotto (saxes), Ed Simon (p), Ben Street (b), Jeff Ballard (dr).
2006

Javier Girotto est né en Argentine, a étudié la musique à Boston, vit à Rome et a enregistré ce disque à New York. Voilà pour le cadre géographique. Saxophoniste bercé par le tango et marqué par le jazz, il a évité l’écueil : être un clone de l’illustre Gato Barbieri. Avec son groupe habituel Aires Tango, qui a déjà sept disques à son actif, Girotto mêle ici jazz et musiques traditionnelles argentines. New York Sessions suit également cette voie, mais accompagné d’un trio rythmique américain : Edward Simon dont le disque Unicity a fait couler beaucoup d’encre (voir ci-dessus), et les énergiques Ben Street et Jeff Ballard, bien connus de la scène jazz new-yorkaise. Tous les thèmes sont du saxophoniste et souvent librement inspiré de thèmes traditionnels, de musique argentine ou sud-américaine. Saxophoniste et pianiste présentent nombre de points communs, ainsi une forte influence classique. Une sonorité plutôt sèche et métallique pour Girotto, tant au soprano et qu’au ténor, avec un phrasé plutôt linéaire et sinueux. Son propos est judicieusement mis en relief par les contrepoints de Simon et ses accords habillent à merveille les parties dansantes - origines vénézuéliennes obligent… Street et Ballard s’acquittent sans faille de leur rôle « énergétique » et mettent avec brio leur swing au service de sa musique.

Finesse des mélodies, arrangements soignés et musiciens de luxe pour un disque qui fait passer un bon moment.

  1. « Che Querido, CHE » (4’10).
  2. « No More Eleven » (5’31).
  3. « Danza de las madres » (5’50).
  4. « Cronología del ‘900 » (5’46).
  5. « Inmigración » (7’23).
  6. « Carnavalito de los chicos » (7’06).
  7. « Barrio jardin » (6’52).
  8. « Miss M.G. » (3’22).
  9. « Mensajes » (4’52).
  10. « Wrong Way » (6’03).
  11. « Pa-Ritango » (8’00).

(Tous les morceaux ont été composés par Javier Girotto, sauf indication contraire).


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Rue de Seine
Martial Solal (p), Dave Douglas (tp)
2006

Martial Solal aime les aventures musicales en solo, duo, trio…. et plus. Ce qui lui faut, c’est l’inouï musical. Et question trompette, tout habitué pense immédiatement à Portrait In Black And White avec Eric Le Lann, complice de toujours. Pourtant, en 2006, Solal s’est associé à un bagarreur des portées pour un duo pas comme les autres : Dave Douglas. Trompettiste que l’on ne présente plus, ce dernier a une conception de la création musicale proche de celle du plus célèbre pianiste français : liberté, musicalité, humour.

Rue de Seine commence par six thèmes écrits par chacun et se conclut sur quatre standards parmi les plus joués. Programme amusant pour un disque qui permet d’apprécier le duo dans des contextes variés. Douglas n’est pas Le Lann et réciproquement. Donc Rue de Seine n’est pas dans le même registre que Portrait In Black And White. Et pourtant : qui brette avec Solal a du mal à tenir sa garde et se laisse vite emporter par l’esprit du pianiste…
Le duo se trouve vite et la musique virevolte : contrepoints et unissons dans les expositions, majesté et espiègleries dans les variations, questions-réponses dans les conclusions. Égal à lui-même, Solal est un maître de la ponctuation : son texte musical est rempli d’une ribambelle de points, virgules, points-virgules, interrogations, exclamations… qui donne une présence rythmique savoureuse à son style. Il n’en finit pas de rebondir, à la manière d’un dessin animé de Tex Avery ! Douglas n’est pas en reste et se prête parfaitement au jeu de Solal. Il met en relief sa belle sonorité à la fois puissante et claire, s’amuse avec les thèmes, ricoche sur les propos de son comparse, et parsème son discours de phrases émouvantes (« Blues To Steve Lacy »). Il n’est pas étonnant qu’une rue qui fut choisie par d’Artagnan, George Sand, Baudelaire et bien d’autres soit une source d’inspiration… Et Rue sur Seine en est une preuve infaillible.

  1. « July Shower », M. Solal (5’24).
  2. « Blues To Steve Lacy », D. Douglas (5’54).
  3. « 34 Bars Blues », M. Solal (5’10).
  4. « For Suzannah », D. Douglas (3’25).
  5. « Fast Ballad », M. Solal (3’43).
  6. « Elk’s Club », D. Douglas (5’06).
  7. « Have You Met Miss Jones », L. Hart & R. Rodgers (4’26).
  8. « Body And Soul », J. W. Green & E. Heyman (5’18).
  9. « Here’s That Rainy Day », J. Burke & J. Van Heusen (3’18).
  10. « All The Things You Are », O. Hammerstein & J. Kern (6’35).

Dans l’ensemble, la musique selon CAM Jazz est équilibrée, contemporaine et créative. Encore une fois, à l’instar de Fresh Sound ou, en plus « extrémiste », de BMC, voilà un label européen ouvert sur une musique intelligente, c’est-à-dire qui relie des idées entre elles avec justesse et évidence…

par Bob Hatteau // Publié le 28 mars 2008

[1Slogan de CAMJazz : « A great team, making great jazz ».