
Ellinoa
Mejiro
Ellinoa (voc), Christelle Raquillet (fl), Arthur Henn (mandoline), Héloïse Lefebvre (vln), Mathilde Vrech (alto), Juliette Serrad (cello)
Label / Distribution : Les P’tits Cailloux du Chemin
Trois ans après le réussi Ville totale en compagnie de son Wanderlust Orchestra, Ellinoa (Camille Durand au civil) revient avec une nouvelle formation pour un répertoire consacré au Japon. Plus précisément à un oiseau qu’on trouve seulement là-bas : le mejiro, qui donne également son nom à un quartier de Tokyo puisqu’après la ville monstre, la chanteuse revient à des dimensions à taille humaine, s’entourant d’un sextet avec lequel elle fait corps.
Cultivant son goût pour une esthétique raffinée, issue à la fois de la musique classique française, de la comédie musicale et d’une pop sophistiquée mais évidente (elle cite Joe Hisaishi ou Björk mais d’autres sont perceptibles), elle compose un petit monde personnel en une dizaine de titres. Avec un équilibre réussi entre des cordes virevoltantes, complétées d’une flûte et une voix d’une justesse et d’une mise en place notables, elle réussit le tour de force de proposer une musique millimétrée sans qu’à aucun moment cette perfection ne soit rédhibitoire.
Au contraire, la délicatesse de son interprétation, de même que l’intelligence et l’ingéniosité des arrangements concourent à la légèreté qui emplit ces plages. Car tout semble sans difficulté dans ces partitions, même si l’on imagine aisément le travail que demande l’effacement de ce travail que traversent parfois des vocalismes propres à l’art de l’improvisation.
Au travers de tableaux colorés, un organisme délicat plein d’une vitalité déliée progresse à travers un univers unique en soi, pourtant riche d’une belle diversité de climats. Le zostérops du Japon (l’autre nom du Mejiro) possède, dit-on, un petit bec propre à la consommation de nectar. Nos oreilles d’auditeur sont, quant à elles, parfaitement adaptées à l’écoute de cette exquise musique.

