Chronique

Olivier Temine

Marcenay

Olivier Temine (s), Emmanuel Bex (org), Simon Goubert (d)

Label / Distribution : Mama Tiger Music

La dévotion que porte Olivier Temine à Rahsaan Roland Kirk ne s’impose pas dans son nouveau disque, c’est a contrario un discours fluide qui imprègne l’atmosphère de Marcenay. Avec « Ethan’s Walk », une sonorité douce émane du ténor qui n’est pas sans évoquer la sensibilité de Stan Getz ; de plus, l’association avec l’orgue d’Emmanuel Bex rappelle l’éloquence du quartet getzien qui avait donné naissance à l’album Dynasty. Partenaires de longue date, ces deux instrumentistes ont animé les derniers albums du groupe The Volunteered Slaves et ont concrétisé leur collaboration dans l’album Inner Songs en compagnie d’une jeune garde issue du jazz hexagonal. Fidèle à son habitude, Simon Goubert marque le rythme avec générosité, « Zuka Dance » illustre son enthousiasme communicatif et son solo dans « 2 Mothers » nous entraîne dans une danse ensoleillée.

À une époque pas si lointaine, il fallait absolument s’installer à Paris pour pratiquer le jazz ; désormais Olivier Temine a fui le tumulte de la ville. Loin du parisianisme il a fait le choix de poser ses valises dans la commune de Marcenay, en Bourgogne-Franche-Comté. C’est dans ce havre de paix qu’il se ressource et ses activités musicales n’ont pas faibli pour autant, l’enseignement et les rencontres artistiques ne manquent pas. Est-ce pour cette raison qu’un apaisement se perçoit tout au long de ce disque, hommage sensible à son lieu de vie ? Une certitude s’impose : l’immense générosité qu’il prodigue dans ces dix plages musicales en compagnie de ses deux compagnons de route évite toute surcharge musicale.

Fidèle à la tradition historique des trios saxophone, orgue et batterie, cet album vise l’essentialité. L’expression des sentiments y est mise à nu avec des mélodies incarnées par trois musiciens constamment au diapason et qui font de Marcenay un enregistrement magnétique.