Scènes

L’étrange boîte de Francesco Bearzatti

Premier rendez-vous de l’année 2018 pour le Manu Jazz Club de Nancy avec une fougueuse Weird Box emmenée par Francesco Bearzatti.


Francesco Bearzatti Weird Box © Jacky Joannès

Pour commencer l’année, l’équipe de Nancy Jazz Pulsations (et donc du Manu Jazz Club) avait choisi de programmer le nouveau trio du saxophoniste transalpin. De nouveaux compagnons de scène et un répertoire pour brasser des influences multiples.

Il aura fallu braver la pluie omniprésente depuis de longues semaines pour découvrir la musique du trio Weird Box, dont c’était par ailleurs le premier concert en ce jeudi 25 janvier. C’est peut-être ce qui explique la relative désaffection du Théâtre de la Manufacture, à moitié plein seulement pour accueillir Francesco Bearzatti (saxophone ténor et clarinette), Bruno Angelini (claviers) et Emiliano Turi (batterie). Soit un trio qui revendique une multiplicité d’influences qu’il souhaite fusionner et dépasser : « rock, jazz, hip hop, funk, musique classique ou contemporaine ». C’est, mot pour mot, la définition du répertoire donnée par les musiciens eux-mêmes sur scène.

Les compositions jouées sont celles d’un disque d’ores et déjà enregistré, qui verra le jour en septembre prochain sur le label CamJazz : « Deontology Blues », « Friday », « Axis » (en hommage à AlasNoAxis de Jim Black), « Django », « Why ? », « Prince Of Crime » (un autre hommage, à Prince cette fois), « Do It Right » et « Hope ». Ni plus ni moins, au point que le trio devra même reprendre le thème initial lorsqu’il reviendra pour un rappel.


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Francesco Bearzatti © Jacky Joannès

Comme c’est l’habitude au Manu Jazz Club, Weird Box a joué deux sets assez courts durant lesquels l’énergie aura été au rendez-vous. Grâce à la frappe puissante et colorée d’Emiliano Turi, dont l’adolescence fut nourrie des grandes figures du rock ; par le déploiement des claviers de Bruno Angelini au son parfois vintage et qui doit, avec eux, endosser aussi le rôle du bassiste ; par la fougue de Francesco Bearzatti qui ne manquera pas de rappeler quel fantastique soliste il peut être, le temps d’un chorus à haute teneur lyrique sur « Hope ».

Weird Box est une formation naissante, mais aussi une sorte de laboratoire, un petit monde en ébullition. Les idées fusent, les inspirations se croisent et donnent naissance à une musique qui peut dérouter les puristes du jazz. A l’inverse, elle devrait attirer l’attention de celles et ceux qui n’aiment rien tant que les métissages. Voilà de longues années que Francesco Bearzatti nous a appris leurs bienfaits à travers l’ensemble de ses projets. Son nouveau trio est une preuve supplémentaire de sa curiosité et de son désir de ne jamais se répéter.