Entretien

Solal & Delbecq : l’espoir fait ville

Hopetown, de Claudia Solal et Benoît Delbecq, consécration de deux talents ouverts au monde, même en confinement.

Photo : Laurent Poiget

Hopetown, le nouveau disque de Claudia Solal et Benoît Delbecq consacre deux musiciens français parmi les plus talentueux. Seconde collaboration du pianiste et de la chanteuse après leur collaboration au sein du dixième orchestre de The Bridge, il mêle poésie, créativité et grande rigueur artistique. Comme le duo l’expérimente dans leur magnifique album, cet échange offre une foule de détails et d’intimité : joie des rencontres et gourmandise des voyages et du monde. Un remède au confinement et une belle recette pour le monde d’après !

- C’est la première fois que vous faites un disque tous les deux seuls. Comment s’est passée cette rencontre ?

B.D : On s’était croisés à plusieurs reprises au fil des années, et d’ailleurs on a grandi dans la même ville et on a eu… la même prof de piano quand on était mômes (je suis plus âgé et on ne s’était pas croisés alors), mais nous n’avions jamais travaillé ensemble jusqu’à ce que Claudia Solal me propose de me joindre à la formation qu’elle avait imaginée dans le cadre de The Bridge #10, c’est à dire la dixième formation franco-américaine qui allait tourner dans la région de Chicago en 2015, à l’initiative de la pertinente association éponyme. Il se trouve qu’avant cela je connaissais bien mieux le travail de Claudia chanteuse de chansons que Claudia improvisatrice sur des formes libres ! Le projet était passionnant, et l’instrumentation des plus atypiques.

Claudia Solal

Ainsi nos premiers concerts du quartet Antichamber Music (Claudia y improvise sur des textes de Joyce) eurent lieu à Chicago, avec Katie Young au basson et électronique, et Tomeka Reid au violoncelle. Au-delà de ce quartet dont j’ai beaucoup aimé la musique très insulaire, a surgi une complicité des plus rares avec Claudia. Si les copines de l’orchestre avaient été dans l’Hexagone ou pas trop loin, on aurait très vraisemblablement continué en quartet. Nous avons alors commencé d’enregistrer en duo dans le studio coopératif du collectif de Bureau de Son, à Paris. En jouant, et à la réécoute des premières improvisations, se trouvait là une musique inédite pour tous les deux, en grande partie du fait de l’improvisation sur des textes (de Claudia), mais avec un je-ne-sais-quoi de pertinence formelle qui fait que chaque improvisation révélait une sorte de chanson éphémère, qu’on ne pourrait plus refaire, envolée. Mais une chanson quand même. Nous avons poursuivi les enregistrements qui faisaient en quelque sorte office de répétition. Hopetown est né de ce cycle de travail, puis nous avons commencé de jouer en concert. 

- Est-ce Antichamber Music avec The Bridge qui a consacré votre projet mutuel ?

B.D : Oui, sachant qu’Antichamber Music a fait ensuite une grande tournée française en février 2019, avec Claudia, Katie et Lou Mallozzi le génial platiniste de Chicago. La musique qu’on a jouée à cette occasion a été d’ailleurs aussi nourrie de nos travaux en duo ; c’était, je trouve, perceptible.

Benoit Delbecq

- Avec Benjamin Moussay, vos albums en duo, Claudia, étaient assez mutins, voire ensoleillés. Dans Hopetown, vous avez fait le choix d’ambiances et de musiques plus capiteuses et plus sombres. Est-ce que c’est Benoît qui règle le climat ?

C. S : Je n’arrive pas à voir dans l’un ou l’autre de ces deux disques davantage d’ombre ou de lumière, par exemple. Mais j’aime beaucoup recevoir les ressentis des auditeurs, c’est aussi ce qui fait la richesse de l’ouvrage. Chacun le perçoit avec sa propre sensibilité, sa propre grille de lecture.

Le mode de fabrication de ces deux disques, Butter in My Brain d’un côté, et Hopetown de l’autre, est d’une certaine façon diamétralement opposé. Le premier est né de longues séances d’écriture en commun avec Benjamin Moussay sur une durée de plus d’un an et demi, - quel bonheur que ces presque 25 séances de travail ! et il est peut-être plus léger en effet (?), le second est improvisé de la première à la dernière note, à partir de mes poèmes. Je les aime l’un comme l’autre pour des raisons très différentes ; ce qui est sûr, c’est que ce sont tous les deux des disques de chansons, des chansons singulières, pas construites sur le modèle « habituel », c’est vrai, mais ce sont des chansons tout de même.

Au-delà de ça, je suis convaincue qu’on devient autre dès que l’on se confronte à autrui. Chacun déboule avec la richesse d’un univers résolument personnel, et la musique qui découle de la rencontre n’est autre que celle qui doit exister. Rien n’a été prévu à l’avance pour Hopetown et c’est, je pense, la conjonction de nos deux mondes qui génère les paysages que nous traversons au fil de cet enregistrement, qui m’a passionnée à chaque séance davantage !

- Claudia, régulièrement on songe à votre prestation dans Eleanora Suite pour cet album. Il y a la même brillance dans une noirceur alentour. C’est une ambiance que vous aimez ?

Je n’ai aucune prédilection pour la noirceur ! Mais je n’étais pas seule à dessiner les chemins empruntés. Sur Eleanora Suite, c’est Jean-Marc Foltz, dont j’aime tant le travail, l’approche, le son, qui m’a invitée. C’était une joie de retrouver aussi mon ami Régis Huby et de former ce trio qui a malheureusement bien trop peu joué. Jean-Marc a pensé et construit longuement en amont la musique qu’il a souhaitée entendre, une musique certes très intime, et je me suis glissée dans sa partition intérieure.

J’adore particulièrement les préparations de Benoît, j’aime les objets mêmes qu’il glisse dans le piano, c’est très beau de voir danser ces branchages qui renaissent entre les cordes.

- Comment on approche le chant avec un pianiste qui joue énormément avec la préparation de son instrument ?

C.S : Au-delà de la réalité acoustique que réserve le piano préparé, à savoir notamment que le champ des harmoniques naturelles est dérouté, et de fait moins « confinant », je ressens dans le fait de chanter avec Benoît Delbecq un espace de liberté résolument unique, autant par la profonde inventivité de son rapport au rythme au sens large, et de sa relation à l’espace, à la respiration, que par sa perception extrêmement ouverte de la tonalité. J’adore particulièrement les préparations de Benoît, j’aime les objets mêmes qu’il glisse dans le piano, il en fabrique la plus grande partie lui-même, c’est très beau de voir danser ces branchages, par exemple, qui renaissent entre les cordes. Je sens que rien ne m’arrête, et tout me semble facile, ou presque, l’écoute est profonde entre nous et nos ressources me paraissent infinies !

- Benoît, vous avez peu travaillé avec des chanteuses, comment cela change-t-il votre approche ? La voix est-elle un instrument comme un autre ?

B. D : La voix n’est pas un instrument comme un autre. Le chant, c’est le corps qui prouve la vie. Le talent et l’attitude de l’oreille sont produits sans intermédiaire matériel. C’est énorme ! L’oreille d’un chanteur, d’une chanteuse, c’est très particulier, très insulaire. Je n’aime pas tellement dire « fragile », mais plutôt « ultra-sensible ». Je ne chante pas sérieusement, à part des trucs qui te feraient marrer. Mais je te contredis : j’ai toujours travaillé avec chanteurs et chanteuses, dès l’adolescence d’ailleurs, mais très peu dans le domaine du jazz ou de l’impro (avec Beñat Achiary j’avais adoré !), plutôt du côté de la chanson et de la pop indé. Je pense en particulier à Corin Curschellas, Ashley Slater, et bien sûr Philippe Katerine (qu’on avait connu sur la compilation du label Rectangle « Morceaux Choisis » en 1997), pour lesquels The Recyclers a d’ailleurs été pour les trois le « backing band ». On en a fait des albums et des concerts. J’ai beaucoup appris sur le chant avec toute une bande de gens - même si je suis nul au chant, on en apprend énormément sur la musique en général. Aujourd’hui, c’est très naturel pour moi de jouer dans les groupes de Sarah Murcia qui chante aussi - on trouvera un nom plus tard pour sa musique comme pour la nôtre avec Claudia ! 

Claudia Solal

Dans mes propres projets, j’avais commencé une première chose avec la chanteuse américaine Jody Pou vers 2014, c’est vrai, c’est tardif ! mais ça n’a pas continué, et on ne l’a pas publié - Jody a avait déjà d’autres préoccupations que la musique après une forte présence sur la scène de la musique contemporaine et de la poésie en France. Elle écrivait alors de la poésie qui mélangeait anglais et français, et pour moi qui suis bilingue il y avait en plus de sa voix exceptionnelle quelque chose de très nouveau. Nous n’avons fait qu’un concert d’ailleurs. Plus tard enfin, en 2017, je me suis lancé sur un projet d’opéra de chambre, sur un livret de Dorothée Zumstein, « Patiente 66 » avec Elise Caron que j’adore, et… Claudia ! Avec la comédienne Anne Benoît en récitante et une petite formation réunissant Antonin-Tri Hoang, Kim Myhr, Miles Perkin, Steve Argüelles et moi. Nous avons donné deux concerts « prémices » de cette œuvre au début du travail d’écriture musicale (le livret, lui était pratiquement achevé), qu’on a à peine répété et joué sur le mode guérilla deux fois à l’Atelier du Plateau, en mai 2017. Un heureux début ! Mais depuis, on n’a pas réussi à concrétiser sa diffusion, c’est très, voire trop compliqué, et j’ai bien peur qu’on n’y arrive jamais. C’est amer parce que j’aurais adoré en poursuivre l’écriture, et j’aime beaucoup le travail de Marie-Christine Mazzola qui devait mettre tout ça en scène. 

Paradoxalement, alors que je n’ai finalement en effet produit encore que très peu de choses de mon initiative avec la voix - je veux dire avant mon travail avec Claudia - j’ai depuis 1992 environ énormément travaillé sur le rythme prosodique, les formes et syntaxes etc. C’est en faisant des transcriptions de chants pygmées Aka ou encore de Billie Holiday que j’ai mis au point un petit principe simple d’écriture de la prosodie, principe que j’ai étendu rapidement aux instruments, à la dramaturgie aussi… Il y est question en gros de tout ce qui est articulé dans le temps et contient des accents… avec cela depuis cette époque j’imagine graphiquement des prosodies inventées, et cela a considérablement influencé mon jeu de piano mais aussi continué d’attiser ma curiosité pour la rythmicité de la langue. Je crois que la rencontre avec Claudia est arrivée à un moment où j’étais suffisamment mûr et libre pour me lancer dans notre aventure. Claudia improvise de façon extraordinaire sur ses propres textes, elle prend des chemins mélodiques et rythmiques que je ne peux jamais deviner, elle a une façon unique de choisir son « altitude » d’oreille. Comme Scarlatti ! Et elle y reste ; à moi de la faire bien sonner : c’est la première strate du travail pour moi, en tant que pianiste. On a trouvé un pouls et une écoute, cela n’arrive pas souvent dans une vie. Et comme Claudia a une écoute naturelle, très détachée des mythologies musicales, à mon tour je me mets à faire des choses que je n’aurais pas imaginées un instant auparavant. 

La voix, pour moi, c’est d’abord la respiration, puis la parole, les accents et la rythmicité. La voix reste pour moi le mode d’expression fondamental de la musique, sa forme primaire et essentielle. La poésie, la mélodie, la verticalité, la couleur… elle est porteuse de tout cela. 

La voix n’est pas un instrument comme un autre. Le chant, c’est le corps qui prouve la vie

- Le choix des textes en anglais, est-ce une décision esthétique ou une évidence ? Vous entendra-t-on en français un jour ?

C. S : J’écris avec un immense plaisir en langue anglaise, je ressens une liberté folle, cette matière sonore éveille en moi un océan de surprises, de créativité, je ne pense pas l’écriture de la même façon dans cette langue, je ne dis pas les mêmes choses. J’ai été très influencée par la langue d’Oscar Wilde, Shakespeare, E. A. Poe, T. S. Eliot, e. e. cummings, ou encore Anne Sexton, que l’on connaît trop peu en France hélas (c’est mon ami Laurent Naouri qui l’a mise sur mon chemin, je lui en suis très redevable !).

Mon plaisir à chanter en anglais n’est pas moindre. C’est aussi le lien que j’y vois avec mes origines écossaises et anglaises, par ma mère. J’écris actuellement en français, je prends le temps, il en sortira forcément quelque chose de juste, le moment venu. J’essaye d’écrire aussi librement et simplement qu’en anglais, je travaille et retravaille, j’élague, j’essaye de me rapprocher de ce qui me semble essentiel. J’évite les adverbes, contourne les adjectifs, passe outre les conjonctions, petit à petit, une langue, ma langue maternelle reprend ses droits, comme la végétation folle sur les ruines d’Angkor !

Benoît Delbecq

- Benoît, vous avez pas mal de projets aux États-Unis en ce moment, avec Jorit Dijkstra ou avec Mary Halvorson. C’est une liberté que vous ne trouvez pas ailleurs ?

Pas du tout ! Non non, la liberté je la trouve avec toutes et tous les musicien(nes)s que j’aime et avec qui je travaille, mais il se trouve que j’ai une histoire qui s’est nourrie de la scène américaine et canadienne depuis fort longtemps, car j’ai eu le bonheur d’avoir été étudiant au Jazz Workshop de Banff (Canada) et mes pairs d’alors étaient Andy Milne, Ethan Iverson, Jorrit Dijkstra, Tony Malaby, Steve Argüelles (lui est anglais) et bien d’autres qui se trouvent trente ans plus tard sur la scène internationale. Ainsi j’ai par exemple connu Mary Halvorson et Tomas Fujiwara par l’intermédiaire de John Hébert, et Taylor Ho Bynum par l’intermédiaire de mon complice canadien François Houle, au sein de son orchestre Genera avec également le Suisse Samuel Blaser au trombone. Et c’est Joëlle Léandre qui m’a parlé en 1995 de François Houle, avec qui nous avons alors enregistré avec The Recyclers ; nous jouons toujours en duo. Tout cela, c’est de la capillarité artistique, nourri des attracteurs étranges, si je puis dire. Il y a des musiques, des façons de jouer qui attirent plus que d’autres, et j’ai toujours laissé les choses se faire de façon naturelle. C’est Jorrit qui m’a proposé d’enregistrer avec John Hollenbeck… tout est comme ça… Michael Moore m’a présenté Fred Hersch en 1998, et on n’a créé notre double trio Fun House qu’en 2013... Je n’ai jamais monté des « coups » sur des noms, des notoriétés, je m’en tape. Mais j’ai eu la chance de tisser un réseau d’amitiés musicales très fortes. A ce réseau-là qui est certes international s’ajoute des musiciens des générations suivantes, qui à leur tour me présentent des musicien(ne)s - il y a beaucoup de créativité en ce monde (et bien plus de merde cependant !!!). Et plein de musiques inventées à découvrir encore…

il y a beaucoup de créativité en ce monde (et bien plus de merde cependant !!!). Et plein de musiques inventées à découvrir encore… 

- Claudia, vous aimez les projets ambitieux et d’équilibristes, comme ces Voyageurs de l’Espace. Est-ce qu’il y a des aventures comme celles-ci qui vous font envie ?

Des aventures comme aller dans l’espace, par exemple ? A vrai dire, je ne sais pas… je suis bien sur terre, dans une certaine mesure ! J’ai une chance folle de travailler en voyageuse de l’espace avec Didier Petit et Philippe Foch, qui sont devenus de grands amis, au-delà des mots - une véritable famille. Il y a peu de gens, d’artistes qui vous accueillent pleinement, et vous donnent la possibilité d’être entièrement vous-même (vous-même, vous-même ! pour ceux qui connaissent des Voyageurs de l’Espace le texte prodigieusement drôle Passager Clandestin, de Charles Pennequin). C’est le cas pour ces deux-là. Et ce qu’on a vécu en 4 ou 5 tournées ces dernières années est ancré en chacun de nous.

J’aime surtout l’inconnu. On est servi en ce moment, au 8ème jour de confinement… Une école de la patience, de l’improvisation, du calme, malgré la colère qui peut poindre, à ses heures… J’aime être confrontée à la rencontre. Avoir le sentiment de ne pas savoir faire, être surprise par l’autre, bousculée artistiquement, confrontée à mes zones d’ombre, mes zones d’inconfort… J’ai le goût de découvrir d’autres mondes artistiques, d’autres personnalités, de partager d’autres terres intérieures, par l’improvisation, et par l’écriture. J’ai aussi d’autres projets fous, littéraires, photographiques, culturels (comme celui de réhabiliter une usine ou partie d’une usine pour en faire un lieu, une usine en briques rouges de préférence, sûrement encore mes origines britanniques…).

Claudia Solal © Marie Lavis

- Hopetown est-il le premier jalon de votre collaboration ? Avez-vous envie de nouvelles choses ensembles ?

C.S :. Pour moi, la rencontre avec Benoît est de nature à durer. J’aime la perspective d’être toujours en train de jouer ensemble dans X années. Je vais écrire de nouveaux textes, j’en ai déjà de côté d’ailleurs, mais j’ai aussi en tête au moins deux projets à écrire/improviser à partir de l’œuvre de deux écrivains, l’un français, l’autre américain. Je pense que ce sont de jolies idées, auxquelles on n’a visiblement pas encore pensé. Gageons que j’aurai le temps de les proposer à Benoît.

- Quels sont vos projets à venir à tous les deux ?

B. D : Difficile de répondre à cette question alors qu’on est tous confinés, que se trouve devant nous un giga point d’interrogation, et que nous ne savons de quoi sera fait demain sur cette terre pour nous et nos enfants. Pour tous, tout est suspendu, stoppé net, toutes les choses à 3-6 mois de visibilité. Reste que plusieurs albums sont « en boîte » : Four Hands (un duo de piano préparé à 4 mains avec Steve Argüelles), un nouveau disque de mon quartet « américain » avec Mark Turner, John Hébert et Gerald Cleaver, enfin un disque piano solo que j’ai enregistré la semaine dernière. Et, j’espère, nos vies de concerts et d’inventions pourront reprendre. Mais quand ces disques sortiront, je n’en sais rien. A l’heure où j’écris, l’important est de sauver le plus de vies possibles. Tant de conneries en réaction en chaîne. Reparlons-en quand ce p***** de virus aura été éradiqué ou dominé. En espérant que la chose politique évoluera enfin vers la protection des plus faibles, et au tirage du monde par le haut, c’est à dire à remettre l’humain à sa place. La leçon est de taille, et on peut toujours rêver. 

C. S : Oui. Reconstruire, reconsidérer, repenser, se rencontrer autrement, les autres et soi, continuer à creuser, à se battre, à crier haut et fort sa liberté, son autonomie, son inventivité. Nos ressources sont infinies, mais pour l’heure, le temps est à l’introspection, à la réflexion, pour mieux renaître de ses cendres. C’est le temps, pour moi, de l’écriture, du home schooling à fond les ballons, et des plantations en tous genres. La leçon est de taille, et on peut toujours rêver, assurément !