Chronique

Aerophone

Quatrième souffle

Yoann Loustalot (tp, bug), Blaise Chevallier (b), Fred Pasqua (d)

Label / Distribution : Bruit Chic

Avec quelques années d’existence, le trio Aérophone revient pour un quatrième disque qui trouve un équilibre entre les libertés des instrumentistes et le souci d’une forme claire. Évitant le risque d’un soliste soliloquant soutenu par une rythmique passe-plat, la trompette ou le bugle sensuels et jamais clinquants de Yoann Loustalot (qui, avec le temps, se fait de plus en plus velouté), se faufilent comme un chat entre la basse d’une rondeur chantante de Blaise Chevallier et la batterie de Fred Pasqua qui la suit de près en la bousculant intelligemment.

Le tout fonctionne comme un ensemble resserré dont la connivence lui permet d’habiter les compositions, signées pour la plupart de Loustalot, avec une fluidité notable. Sous les airs de l’évidence, c’est en effet une pratique aérée qu’il nous est donné d’entendre. Personne ne surenchérit et chacun ne donne que ce qui est nécessaire à l’ensemble. Aucune virtuosité superfétatoire ; les effets, quoiqu’intelligemment pesés dans le moment de leur exécution, sont toujours pleinement mesurés.

Il en résulte un plaisir simple de jouer qui se coule dans une succession de mélodies qui flattent l’oreille et restent en tête. Cette articulation soignée (car nul doute qu’il y a du travail derrière cela) entre un propos léger et une interprétation agile déjoue le piège de la sécheresse risquée d’un trio sans instrument harmonique, au bénéfice d’une musique sensuelle, ouverte et aérienne, à bien des égards rayonnante.

par Nicolas Dourlhès // Publié le 7 décembre 2025
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