Chronique

Guilhem Flouzat

I’m Nice

Isabel Sörling (voc), Laurent Coq (p, kb), Ralph Lavital (g), Desmond White (b), Guilhem Flouzat (d)

Label / Distribution : Elstir Music

Si Guilhem Flouzat – musicien aujourd’hui quadragénaire – s’est aguerri en trio du côté de la Manhattan School of Music où il a rencontré, entre autres, celui qui est devenu l’un de ses partenaires, le pianiste Sullivan Fortner (qui fait une apparition sur le disque évoqué dans ces lignes), ce n’est plus seulement en tant que batteur et compositeur qu’il porte désormais sa bonne parole mais aussi comme un « songwriter » assumé, naviguant avec beaucoup d’élégance dans les eaux limpides d’un langage où fusionnent pop, funk et jazz. Un exercice qu’il pratique avec une autorité souriante – dans une alliance de raffinement et d’énergie – pour la troisième fois avec I’m Nice, disque faisant suite à Turn The Sun To Green en 2021 et Bottommost en 2024.

Autour de lui, la même équipe et, particulièrement en évidence, la Suédoise Isabel Sörling dont il n’est plus besoin de vanter les qualités. Ici, c’est aussi sa capacité à s’emparer avec aisance des textes « à l’os » de Flouzat qu’on devra souligner. Sa présence caméléon est si forte qu’on pourrait presque l’imaginer comme le leader d’un collectif au service d’un répertoire pourtant intégralement composé et produit par le batteur. I’m Nice déroule tranquillement sa partition enluminée, dans une succession de compositions brèves et construites comme autant de mini scénarios. Les arrangements, qui font l’objet de la part du batteur d’un soin très attentif et savent multiplier les climats en un temps finalement court, mettent en valeur le travail de Ralph Lavital (guitare), Laurent Coq (piano et claviers) et Desmond White (contrebasse). Cette petite bande avance en toute unité, contribuant à un sentiment de plénitude et de joie (parfois sur une tonalité taquine) qui traverse le disque de part en part.

On pourrait traduire I’m Nice par « je suis gentil » : un clin d’œil sans doute, mais aussi une manière d’affirmer une posture artistique, celle d’un musicien privilégiant la relation, l’écoute, la délicatesse. Voilà un disque qui ne s’impose pas, mais qui tranquillement s’installe, accompagne et vous touche.