Chronique

Heliotrope

Byzantium

François Houle (cl), Gordon Grdina (g)

Label / Distribution : Afterday

Tels deux hémisphères cérébraux qui chacun reçoivent des informations sensorielles et émettent simultanément des réponses appropriées, François Houle et Gordon Grdina tracent un chemin familier. L’association de ces deux musiciens canadiens se nomme Héliotrope, comme la plante dont les feuilles se tournent vers le soleil mais aussi comme cette couleur envoûtante, à mi-chemin entre le violet et le rose.

Associés depuis une vingtaine d’années, ces deux artistes explorent sans cesse de nouvelles contrées où l’improvisation est reine. Leurs pérégrinations les conduisent aujourd’hui à se mettre à nu ; leur dialogue s’installe avec une grande sérénité. « Afterday » ouvre le bal : la douceur envahit l’espace et, telle une comptine médiévale, la musique s’organise par des lignes mélodiques distinctes où l’art du contrepoint se fraye un passage. Chargé d’émotion, le discours commun affirme leur complémentarité dans « Breezy » et « Me And Russ ». L’architecture musicale qu’ils construisent forme un réseau de motifs qui passent rapidement de la gravité à la tendresse.

Le jeu télépathique du duo est basé sur des transitions rythmiques. L’éloquence manifeste de « Morning Song 3 » s’orne de lignes orientales. Gordon Grdina anticipe toujours les phrasés de François Houle et enserre subtilement le souffle de la clarinette. Le morceau titre « Byzantium » privilégie le dynamisme, l’impulsion lyrique se confond avec un souci de précision technique sans que la souplesse d’interprétation ne s’éteigne.

Le roi Byzas a laissé son nom à la ville de Byzance, devenue par la suite Constantinople et Istanbul. Cette cité symbolisait l’opulence, tout comme cette musique empreinte de poésie que nous offrent François Houle et Gordon Grdina.