Homburger-Guy-Niggli
Acanthis
Maya Homburger (vln), Barry Guy (b), Lucas Niggli (perc)
Label / Distribution : Maya Recordings
Maya Homburger et Barry Guy ne cessent de renouveler les textures instrumentales en leur insufflant une vision moderne. Leurs albums Ceremony et Tales Of Enchantment furent déterminants : l’intensité qui s’en dégage bouscule les habitudes d’écoute musicale. Acanthis prolonge le discours en compagnie du percussionniste Lucas Niggli qui s’inscrit dans la ligne tracée naguère par Pierre Favre dans le chaleureux disque en trio Dakryon.
« Celebration » et sa progression d’accords amplifie les recherches structurelles de la violoniste qui trouve en Lucas Niggli un parfait interlocuteur. La résonance des percussions et les interventions décisives apportent une énergie éclatante à cette composition abstraite. Les jeux de timbres des archets dans « Aglais » soulignent les tensions. La complémentarité des instruments à cordes, qui passent de la nervosité à la délicatesse, résume mieux que tout la connivence entre Maya Homburger et Barry Guy. Inspiré par les dessins de l’artiste Fred Hellier et composé par le contrebassiste l’un des moments précieux de l’album se concrétise dans la longue suite « Rondo for Nine Birds » non loin de l’esthétique expressionniste d’Anton Webern. Egalement écrits par Barry Guy, les trois mouvements qui se succèdent dans « Andeutende Dynamik » produisent une variété de climats où chaque détail est sublimé.
Capitales, les pièces de choix du compositeur hongrois György Kurtág amplifient la corporalité thématique. La beauté solennelle qui illumine l’atonalité d’« Hommage à J.S.B. », l’esquisse en clair-obscur de « Féerie d’automne » qui progresse sur la pointe des pieds ainsi que le poème « Roundelay », écrit par Samuel Beckett et déclamé par Barry Guy, font d’Acanthis un disque salutaire.

