Beiggja
Morning
Kika Sprangers (s), Kjetil Mulelid (p), Mats Eilertsen (b), Per Oddvar Johansen (d)
Label / Distribution : Hubro
Classique dans son instrumentation, le quartet Beiggja vient d’enregistrer son premier album, Morning. Il s’ouvre avec « Swims », une mélodie lascive développée progressivement par la saxophoniste néerlandaise Kika Sprangers. Vous avez dit musique nordique ? Tout à fait : on retrouve avec acuité la linéarité des traits de saxophone alto et soprano que proposait Jan Garbarek il y a déjà cinquante ans.
Kjetil Muledid, sans aucun doute l’un des pianistes les plus originaux actuellement, se fond avec éloquence dans la structure harmonique des dix compositions. Ses interventions vont droit au but mais cette efficacité passe aussi par une économie de moyens. Le contrebassiste Mats Eilertsen préfère la créativité à la flamboyance. Tendez l’oreille : le va-et-vient des balais qui caressent la caisse claire de Per Oddvar Johansen allie souplesse et imagination féconde, les interactions entre les musicien·nes prennent alors de l’ampleur dans « Morning » et « Love Cycle ».
Composition la plus enthousiasmante de l’album, « Love Story » confirme le potentiel de ces quatre instrumentistes une fois affranchis de leurs modèles. Le piano se charge d’une émotion continuelle, le saxophone se lance dans une improvisation énergique et la section rythmique étreint l’imprévu. Désormais, ce quartet prometteur n’a plus qu’à nous entraîner dans de nouvelles explorations sonores.

