Chronique

Spinifex

Maxximus

Tobias Klein (bcl/as), Bart Maris (tp), John Dikeman (ts), Jasper Stadhouders (g), Gonçalo Almeida (b), Philipp Moser (d), Jessica Pavone ( vla), Elisabeth Coudoux (cello), Evi Filippou (vib)

Label / Distribution : TryTone

Formation belge qui peut se prévaloir d’une poignée de disques (8 à ce jour depuis une quinzaine d’année), Spinifex n’ajoute pas simplement une nouvelle référence à sa discographie mais la complète par un enregistrement parmi les plus stimulants qu’elle ait produit. Pour la deuxième fois de sa carrière, elle conserve le même line-up dévoué qui s’affiche avec constance au générique de chaque production que complètent quelques musicien.ne.s qui viennent gonfler le son général.

Ainsi renforcé, après Maximus en 2015 (avec un seul X), voici Maxximus avec deux XX qui porte bien son nom du fait de l’ampleur de son ambition puisqu’on y retrouve les caractéristiques d’une formation qui emprunte autant à l’énergie du rock qu’au foisonnement débordant du free jazz. Avec des compositions au long cours qui misent sur des arrangements complexes et une narration tortueuse, Spinifex emporte l’auditeur par son énergie communicative.

Sur les compositions de Tobias Klein, saxophoniste et leader du groupe, la tension est toujours palpable même si elle ne fait pas toujours volume. Le groupe, en effet, évolue entre des pistes directes comme avec le titre d’ouverture qui bouscule l’auditeur par la précision de son propos et ses cuivres explosifs et des moments plus contrastés pas moins réussis. Des configurations réduites explorent des terrains étranges où chaque note à son poids ; parfaitement ponctuées par des contre-chants qui finissent par prendre la main, l’ensemble glisse d’un pupitre à l’autre, accordant même et sans contresens une place à des cordes baroques dans un mouvement permanent.

Cette recherche sur les effets de contraste et les ambiances variées sans hiérarchisation des styles joue sur les attentes et les résolutions. L’écriture parfois très contemporaine (grâce notamment au vibraphone de Evi Filippou) fait de Spinifex un groupe qui avance sur la brèche et qui par sa capacité de renouvellement traverse de nombreux états avec la volonté ferme de se les approprier tous.

par Nicolas Dourlhès // Publié le 3 mai 2026
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